Médias : la HAC interdit dix Web TV et deux sites d’information pour exercice illégal

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé, lundi 21 septembre, d’interdire l’exploitation et la diffusion de dix Web TV et de deux sites d’information, accusés d’exercer des activités audiovisuelles en dehors du cadre légal en vigueur en Guinée.

Réunie en séance ordinaire, l’instance de régulation des médias a constaté, selon sa décision, que ces plateformes menaient des activités de diffusion audiovisuelle sans agrément préalable ni autorisation officielle.

La HAC indique également que les promoteurs concernés n’auraient pas donné suite à ses avertissements et mises en garde, les conduisant ainsi à prendre une mesure d’interdiction immédiate de leurs activités.

Sont concernées par cette décision les Web TV suivantes : Yimbaya Medias TV, à Conakry ; Dabola TV, à Dabola ; Anelvision Web Media, Makono Médias et Mandeng Digital, à Siguiri ; Simandou TV, à Kérouané ; AK Médias, à Kankan ; Siguiri 24 Star TV, à Siguiri ; Coyah TV, à Coyah ; et Kamanoyah TV, à Guéckédou.

La HAC a également interdit les sites d’information dabolainfo.com et guinee24plus.com, leur reprochant de s’être transformés en Web TV sans disposer des autorisations requises.

À travers cette mesure, l’autorité de régulation entend faire respecter les règles encadrant l’exercice des activités médiatiques et audiovisuelles, tout en veillant au respect de l’éthique et de la déontologie journalistiques.

Les autorités administratives ainsi que les points focaux de la HAC sont chargés de veiller à l’application de la décision sur le terrain.

Une floraison qui pose la question du professionnalisme

Cette décision intervient dans un contexte de multiplication des Web TV et plateformes numériques en Guinée. Si cette évolution traduit l’essor des nouveaux moyens de diffusion de l’information, elle soulève également la question de la professionnalisation du secteur.

Derrière certaines de ces plateformes se trouvent en effet des promoteurs ou administrateurs qui ne disposent pas nécessairement d’une formation ou d’une expérience en journalisme, en production audiovisuelle ou en création de contenus.

La facilité d’accès aux outils numériques permet aujourd’hui de lancer une Web TV avec des moyens relativement limités, mais la maîtrise de ces outils ne suffit pas, à elle seule, à garantir la qualité de l’information, le respect de l’éthique et les exigences professionnelles du métier de journaliste.

La régulation du secteur apparaît ainsi comme un enjeu majeur à mesure que les médias numériques prennent une place croissante dans le paysage médiatique guinéen.

Fatoumata Sylla, stagiaire