Le directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean-Paul II, Soriba Soumah, aurait été placé sous mandat de dépôt jeudi et incarcéré à la maison centrale de Coronthie, à Conakry, dans le cadre d’une procédure relancée par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), ont indiqué des sources judiciaires.
Selon ces sources, le dossier a été transmis au parquet spécial de la CRIEF après plusieurs jours d’enquête menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ).
Le responsable est poursuivi pour des faits présumés de ‘’détournement de deniers publics, faux et usage de faux’’, ainsi que pour des irrégularités dans la gestion de fonds publics.
Cette affaire connaît un rebondissement, Soriba Soumah ayant déjà été au centre de soupçons similaires liés à la gestion du centre Jean-Paul II. Il avait été suspendu de ses fonctions le 4 novembre 2025 par le ministère en charge de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, dans le cadre d’une procédure portant sur des allégations de mauvaise gestion et de manque de transparence.
La décision de suspension avait toutefois été levée le 14 janvier 2026, permettant sa réintégration à son poste, une mesure qui avait suscité des interrogations dans l’opinion.
L’affaire est notamment liée à la gestion d’un financement public estimé à plus de 12 milliards de francs guinéens destiné à la rénovation et à l’équipement du centre dans un délai de six mois.
Selon les mêmes sources, les travaux prévus n’auraient pas été réalisés dans les délais, alimentant des soupçons de détournement et de mauvaise gestion.
Le chef comptable de l’établissement, également cité dans le dossier, aurait quitté la Guinée pour le Canada, selon des informations recueillies dans le cadre de l’enquête.
La CRIEF poursuit ses investigations afin d’établir les responsabilités dans ce dossier financier, qui pourrait donner lieu à d’autres auditions ou inculpations.
Soriba Soumah aurait passé sa première nuit en détention à la maison centrale de Conakry en attendant la suite de la procédure.
Kadiatou N’Diaye