La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné mercredi la poursuite du procès de Badra Aliou Cheickna Koné, rejetant la demande de mise en liberté introduite par sa défense dans une affaire de détournement présumé de fonds publics.
L’ancien président de la délégation spéciale de Matam est poursuivi, avec plusieurs coaccusés et des sociétés, pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, escroquerie, prise illégale d’intérêts, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Selon l’accusation, les faits remonteraient à février 2021 et porteraient sur un montant estimé à plus de 240 milliards de francs guinéens.
À l’ouverture des débats, la défense a soulevé une exception de procédure, invoquant les dispositions du Code électoral relatives à la protection des candidats en période électorale.
Les avocats ont demandé la suspension des poursuites et la remise en liberté de leur client, arguant qu’il figure sur une liste de candidats au scrutin communal du 31 mai 2026.
Le ministère public s’est opposé à cette requête, estimant que les dispositions encadrant la CRIEF rendent inopposables certaines immunités et que la procédure engagée ne saurait être suspendue. Il a également jugé prématurée l’invocation du statut de candidat, la liste concernée étant encore provisoire.
Après avoir entendu les parties, la Cour a rejeté la demande de mise en liberté et ordonné la poursuite des débats.
Cette affaire intervient dans un contexte particulier, l’accusé étant candidat et tête de liste du parti Génération pour la modernité et le développement (GMD) dans la commune de Matam, une situation qui pourrait peser sur les enjeux politiques locaux à l’approche des élections.
Kadiatou N’Diaye