Les anciens membres de CNT s’opposent à la modification de la Constitution

Les anciens membres du Conseil national de transition (CNT) ont condamné vendredi 29 mars, à travers une déclaration, le projet de modification de la Constitution de 2010 qui continue d’alimenter les débats en Guinée.

Selon Boubacar Siddighy Diallo, aucun Guinéen n’a le droit de faire plus de deux mandats consécutifs ou non d’ailleurs définit par l’article 154 qui parle de la séparation et d’équilibre des pouvoirs, la durée voir le nombre de mandat du président de la république.

« Le Conseil national de transition (CNT) a réussi à mettre sous une forme intangible la durée et le nombre de mandat du président de la République. Il y a débat aujourd’hui parce que tout simplement un groupe veut s’emparer de l’exécutif et remettre en cause l’ensemble de ces acquis. Ça risque de fragiliser la cohésion et la paix sociale. Ils sont en train de mettre en cause l’œuvre du CNT comme quoi qui suscite la confusion entre le referendum et la validité de la Constitution. D’autre part, ils disent que la Constitution n’est pas valable parce qu’elle n’a pas fait l’objet de referendum. Mais, il faut que ces gens sachent qu’un referendum n’est pas une condition de validité d’une Constitution et cela doit être clair dans l’esprit des guinéens », a-t-il déclaré. 

Par ailleurs, M. Diallo s’est dit favorable à un projet de révision de la Constitution, mais par contre s’oppose à l’élaboration d’une nouvelle constitution. Ce qui, selon lui, donnerait une chance au président en exercice de se présenter en 2020.

« On n’est pas contre la révision de la Constitution, mais pas pour la suppression de la constitution non parce que ça n’a jamais fait une forme normale, sauf le coup d’État. Il n’y a aucune condition pour avoir une nouvelle constitution cependant, on peut faire la révision, mais elle est irremplaçable. Tout juriste ou cadre qui dit qu’il y a des conditions pour ça est un menteur », a-t-il soutenu.

Présent à la rencontre, le doyen Souleymane Diallo, fondateur du journal Le Lynx, a apprécié la démarche du collectif des anciens membres du CNT.

Plus loin, M. Souleymane Diallo a appelé à la responsabilité des associations de presse à défendre leurs droits.

 « J’ai peur pour moi, parce que nous sommes menacés, nous qui parlons de la liberté de la presse. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites ici. C’est normal que nous précisons une chose, mais il y a quelque chose qu’on n’a pas évoqué : le CNT est allé très loin dans le mandat.   Nous avons dit, aucun Guinéen n’a le droit de faire plus de deux mandats consécutif ou non, a expliqué M. Diallo.

Facely Diawara