Le Front pour la démocratie en Guinée (FRONDEG), dirigé par Abdoulaye Yero Baldé, a annoncé son retrait du processus électoral en vue des élections législatives et communales prévues le 31 mai, dénonçant des « violations graves et persistantes » du cadre légal et des conditions de vote « non transparentes ».
Dans une déclaration rendue publique mardi, la formation politique affirme que « les conditions minimales d’un scrutin libre, transparent et équitable ne sont plus réunies », pointant notamment des « violations répétées du Code électoral » et un « schéma visant à orienter l’issue du vote en faveur de la mouvance présidentielle ».
Le FRONDEG évoque également un manque d’impartialité de l’administration électorale, ainsi que le rejet « sélectif et discriminatoire » de certaines candidatures.
Le parti déplore en outre l’absence de réponse à ses recours par les organes compétents et des garanties jugées insuffisantes quant à la transparence du scrutin et à la proclamation des résultats.
« En conséquence, le FRONDEG retire l’ensemble de ses candidats, mandataires et représentants des opérations électorales et conteste par avance la sincérité, la régularité et la légitimité des résultats susceptibles d’en être issus », indique le communiqué.
Le parti appelle par ailleurs les autorités guinéennes, les forces vives ainsi que les partenaires internationaux, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine, l’Union européenne et l’Organisation des Nations unies, à « garantir le respect des normes démocratiques ».
Arrivé deuxième à l’élection présidentielle de décembre 2025, sur neuf candidats en lice, Abdoulaye Yero Baldé s’était imposé comme l’une des principales figures de l’opposition, donnant un poids particulier à cette décision de retrait à quelques semaines du scrutin.
À un mois des élections du 31 mai, ce désengagement pourrait peser sur la crédibilité et l’inclusivité du processus électoral, dans un climat politique déjà marqué par des tensions et des contestations récurrentes autour de l’organisation du vote en Guinée.
Mohamed Sylla