La Guinée et la Fédération de Russie ont célébré jeudi le 04 octobre 2018, à l’ambassade de celle-ci à Matam à Conakry, le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre ces deux Etats.
Cette cérémonie a été rehaussée de la présence de la Première dame, Mme Djènè Condé, le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, des membres du gouvernement guinéen et des représentants et membres du corps diplomatique accrédités en Guinée.
« Il n’y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes sur leur terre natale n’en profitaient pas moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires », a-t-il cité.
« Bien sûr qu’il faut prendre en considération cette phrase, afin de déterminer le rôle et l’avenir de l’empire colonial français », a précisé M. Bregadzé.
« Le 02 octobre dernier, nous avons fêté le 60e anniversaire de la proclamation de la République de Guinée, mais pas de son indépendance. Dans notre monde indépendant, ce mot n’est pas correct à mon avis. Nous tous, nous dépendons des uns et des autres, de l’état de santé de notre planète, du climat qui change, des catastrophes naturelles qui nous attaquent, etc. En plus, de quelle dépendance, surtout spirituelle, peut-on parler des peuples qui ont adopté en 1236 l’une des premières chartes constitutionnelles du monde. Je parle de celle de Kouroukanfouga de l’empire du Manding dont le slogan était : travail-instruction-justice (…) », a-t-il rappelé M. Bregadzé.
« Le 04 octobre 1958, la République de Guinée a été reconnue par d’autres pays, y compris l’Union soviétique. Alors, c’est aujourd’hui, ce soir que nous fêtons le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays, vu que la Fédération de Russie est la continuatrice de l’Union soviétique. 60 ans n’est pas beaucoup, surtout par rapport à la charte mentionnée de 1235. L’humanité évolue. L’Empire du Manding a disparu. Comme résultat de cette transformation, la communauté des États indépendants est née (…) », a-t-il expliqué.
Pour conclure, l’ambassadeur de la Russie en Guinée a cité quelques réalisations de la présence en construction et en architecture de l’Union Soviétique en Guinée.
« La route de Donka et l’autoroute Prince, le centre de la Radio nationale (1961), le grand stade du 28 septembre et l’institut polytechnique de Conakry (1964), Hôtel Camayenne (1965), la Faculté de la médecine de l’institut polytechnique (1969), CERESCOR (centre des recherches océanographiques-1981) », a-t-il cité
« Aujourd’hui, notre coopération se développe essentiellement dans le domaine économique, dont le leader est la compagnie Rusal, dans la formation des cadres ; dans le domaine de la santé. Il n’y a pas longtemps, les médecins russes, sur la base du centre médical russo-guinéen à Kindia, ont élaboré une nouvelle version du vaccin contre le virus Ebola en poudre qui peut être conservé en température de -5°C », a précisé M. Bregadzé.
« La Guinée continue son chemin de développement en montrant de bons résultats, surtout macroéconomiques. Le FMI et la Banque mondiale ainsi que tous ces partenaires économiques internationaux renouvellent toujours leur confiance en la Guinée. C’est un bon signe. Le bilan flatteur du président Alpha Condé a été également reconnu par la revue Economies Africaines, N°3 d’avril 2018. Souhaitons-lui le même succès pour la Guinée. Soyons solidaires avec la Guinée et avec tout le continent africain plein de potentiel. Soyons solidaires entre nous pour que cette solidarité nous aide à construire le meilleur avenir pour nous et les générations à venir », a conclu Alexandre Bregadzé.
Présent à cette cérémonie, le président de l’Assemblée Nationale Claude Kory Kondiano a également magnifié les relations d’amitié et de coopération entre la Guinée et la Russie.
Pour sa part, le ministre des affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger Mamadi Traoré a salué lui aussi l’appui de l’ex-URSS à la jeune République de Guinée dont la décision de dire Non à la France en septembre 1958 a été mal perçue.
Il faut noter que la cérémonie a été magnifiée par une prestation de danse et un récital réalisés par des élèves russes, suivi d’un cocktail.
Boubacar Sidy Bah
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