Le collectif des avocats de l’UFDG a animé mercredi le 21 février à la Maison de la Presse à Conakry, une conférence de presse pour fustiger « les fraudes massives » enregistrées lors des élections communales du 04 février dernier sur l’ensemble du territoire national.
Cette conférence a été animée par Me Paul Yomba Kourouma, Me Aboubacar Sylla, Me Salifou Béavogui et Me Alseny Aissata Camara.
Ces avocats ont dénoncé les dysfonctionnements constatés le jour du scrutin, notamment les délits de justice orchestrés par des magistrats censés protéger les voix des électeurs. Ces magistrats sont accusés de s’être livrés aux annulations pures et simples des procès-verbaux au profit du parti au pouvoir.
« La CENI s’est permis de rendre deux résultats définitifs avec la complicité des magistrats sans annuler le premier. L’un prononcé le 13 février à la faveur de l’UFDG et l’autre le 16 février 2018 déclarant le RPG Arc-en-ciel vainqueur », a rappelé Me Yomba Kourouma.
« Nous avons observé le scrutin du 4 février dernier qui a été émaillé d’irrégularités à cause des manœuvres mises en œuvre par des élus locaux pour donner la voix au parti au pouvoir. Plus grave, l’on a assisté à une injustice avec à la clé un délit de justice qui sont si manifestes que l’UFDG entend exercer tous les recours possibles, voire politique que diplomatique. C’est le cas à Kissidougou, où l’on a installé un bureau de vote par clandestinité chez le secrétaire général chargé des collectivités », a révélé Me Salifou Béavogui.
Quant à Me Yomba Kourouma, il a également fustigé les fraudes électorales organisées par le RPG Arc-en-ciel dans certaines circonscriptions du pays.
« Le parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, a tripatouillé le vote des citoyens et annulé des procès-verbaux pour se voir propulser à la magistrature suprême. Pour preuve, dans la commune de Matoto, 92 procès-verbaux ont été dissimulés, faisant perdre à l’UFDG 7 000 voix, ainsi que 5 400 voix dans la commune de Matam », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, Me Aboubacar Sylla a signalé la forte représentation des membres du gouvernement dans les cellules de décentralisation à Kindia.
« J’ai vu des ministres de la République qui viennent à la veille des élections pour se faire recevoir dans les mosquées pour distribuer de l’argent et des vivres. Pourtant, dans les conditions, il n’y avait plus de campagne le samedi, la veille des élections », a dénoncé Me Sylla.
En outre, Me Béavogui a déclaré avoir constaté à Kissidougou, la délocalisation de certains bureaux de vote dans des zones favorables au RPG Arc-en-ciel.
« A Kissidougou, la plupart des bureaux de vote était présidée par les chefs de quartiers ; ce qui était de nature à compromettre le scrutin. 24 heures avant le vote, le président de la CEPI a pris la responsabilité sur lui de délocaliser quatre bureaux de vote sans décision du président de la CENI dans des zones favorables au RPG Arc-en-ciel. Encore plus grave, un autre bureau de vote orienté dans la concession du secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Kissidougou », a également révélé Me Salifou Béavogui.
Selon les avocats de l’UFDG, le bureau exécutif de l’UFDG se réunira bientôt pour décider de la suite à donner à cette affaire.
« Le bureau politique de l’UFDG se réunira bientôt en vue de mettre en place une commission qui pourrait être composée de personne neutres ou étrangères pour statuer sur cette affaire. A l’allure où vont les choses, l’UFDG ne peut accepter des résultats tels qu’ils sont en train d’être proclamés par la CENI », ont-ils annoncé.
Pour rappel, sur les 89 requêtes formulées par l’UFDG, deux seulement ont été prises en compte.
Facely Diawara et Boubacar Sidy Bah (stagiaire)
Tel : 666 51 00 25/620 38 31 31