Depuis, plusieurs associations de défense des droits de l’homme n’ont cessé de dénoncer les violences qui ont été commises au stade ce jour-là. Elles ont fondé beaucoup d’espoir sur les travaux de la justice. Et malgré tous les efforts, force est de constater avec beaucoup de regret que la situation traine quant à la tenue de ce procès tant attendu. C’est évident.
Le peuple veut qu’il y ait une justice. Qu’il n’y ait pas de déni de justice. Que tous les coupables soient interpellés et punis. Que de pauvres innocents ne paient pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Et qu’il y ait des boucs émissaires qui soient punis à la place des coupables. Évidemment, cela va prendre du temps et nécessite assez de moyens. Mais sept ans, c’est assez long. Parce que certaines victimes sont en train de mourir.
Le dossier 28 septembre utilisé comme un instrument politique
De l’avis de maints analystes, on est en train aujourd’hui d’utiliser le dossier 28 septembre comme un instrument politique. L’on se souvient encore de l’allure qu’avait prise celui-ci quand le capitaine Moussa Dadis Camara a voulu se présenter à la présidentielle de 2015. Les choses sont allées un peu plus vite avant de baisser d’un cran. Ce qui fait douter plus d’un observateur de la volonté d’Alpha Condé de faire juger les auteurs de ce crime. Or, son implication pourrait traduire la volonté réelle de la Guinée d’organiser convenablement un procès digne du nom dans ce dossier.
La Guinée montre sa carence dans le massacre du 28 septembre
Même si la Guinée n’a jamais dit qu’elle est incapable d’organiser le procès dans le dossier 28 septembre, – chose qui n’est d’ailleurs pas très facile pour un Etat d’exprimer ces genres de faiblesse -, toujours est-il que la justice n’est pas suffisamment forte pour relever ce défi qui l’interpelle. C’est une situation qui date de très longtemps. Et ce n’est pas forcément que la Guinée doit céder le dossier à la Cour pénale internationale. Elle peut organiser le procès en collaboration avec l’Afrique et le monde qui peuvent lui apporter de l’assistance technique, financière et infrastructurelle. Et même dans les réformes des lois, pour permettre qu’il y ait un procès digne du nom. C’est tout un ensemble de dynamique qu’il faut mettre en mouvement. A défaut de créer un tribunal spécial en Guinée, avec des compétences spéciales pour gérer ce dossier. Sinon dans la dynamique actuelle, les victimes doivent attendre beaucoup plus encore. Même s’il convient de rappeler qu’à la veille de chaque mission de la CPI en Guinée, il y a des inculpations. Toute chose qui, aux yeux des analystes, sous-tend que la Guinée fait semblant de juger les auteurs de ce crime pendant que la réelle volonté n’y est pas.
Le dossier 28 septembre interpelle l’Afrique et le monde
Au regard de la lenteur que connait le dossier 28 septembre, nombre d’observateurs formulent le souhait que la Guinée ne connaisse pas un procès semblable à celui d’Issène Habré où la majeure partie des victimes n’étaient pratiquement plus en vie au moment où le procès se tenait. Il est donc temps que le procès se tienne maintenant. Et que le peuple ne continue pas d’attendre ce jugement. Même si rien ne rassure que la Guinée à elle seule ne pourra pas tenir un procès à la dimension souhaitée par l’écrasante majorité. L’Afrique et le monde doivent se pencher aux côtés de la Guinée. Qu’il y ait une justice renforcée notamment en termes technique, en termes de moyens et en termes d’infrastructures. Mais si c’est la Guinée, à elle seule, qui doit continuer de travailler sur ce dossier, il est évident que 10 ans plus tard, il n’y aura pas encore de résultat.
Mady Bangoura
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