L’Association des victimes du camp Boiro (AVCB) a célébré jeudi 25 janvier 2018, à travers une marche pacifique, la date commémorative de la pendaison du 25 janvier 1971 perpétrée sous la Révolution dirigée par le président par Sékou Toure.
La marche est partie du pont du 8 Novembre en passant par le cimetière Cameroun jusqu’à l’enceinte du camp Camayenne, appelé par le passé ‘’le camp Boiro’’, où étaient détenus des prisonniers politique guinéens de tout bord.
Les marcheurs ont battu le pavé sous le slogan « plus jamais ça » pour rendre hommage à leurs parents, mais aussi attirer l’attention des autorités actuelles sur ces événements qui ont laissé des traces indélébiles dans l’histoire de la Guinée.
Après l’arrivée des marcheurs au camp de la Camayenne, une déclaration a été lue par le président de l’AVCB, Lamine Camara qui a planté ce triste événement dans son contexte historique.
« Nous nous sommes réunis pour compatir et se recueillir sur la mémoire de 4 hauts fonctionnaires nuitamment et lâchement pendus sur ce pont par le feu président Sékou Toure et son régime sanguinaire. Environ 88 personnes sont pendues sur toute l’étendue du territoire national en cette date. Depuis 1978, nous nous battons sans répit pour que justice soit rendue, la garantie et la non répétition soient obtenues. C’est pourquoi nous rescapés, veuves, fils et filles sont réunis ici en ce jour de souvenir de nos chers disparus, injustement pendus, pour crier haut et fort, plus jamais ça, mais aussi pour réclamer justice », a-t-il déclaré.
« Notre pays est piégé par les silences coupables et des non-dits. Ceci laisse libre cours à des thuriféraires du régime sinistre de Sékou Touré, à des déclarations mensongères qui portent atteinte à la dignité de nos disparus et à des insultes à leurs familles », a indiqué Lamine Camara dans la déclaration de l’AVCB.
A l’occasion de cette marche, d’autres membres de l’AVCB ont dénoncé le silence entretenu sur cet événement.
« La commémoration de cette date du 25 janvier 1971 est aujourd’hui, par la grâce de Dieu, devenue un rituel solennel qui, nous l’espérons vivement, servira de point de départ pour le devoir de mémoire de notre pays, hélas plombé par silence ! Le silence coupable et son funeste cortège de non-dits volontairement, malheureusement entretenu par le régime sinistre Sékou Touré », a indiqué le Dr Taran Diallo, le fils de l’une des victimes.
Au terme de la cérémonie commémorative du 47e anniversaire de la journée nationale des pendaisons, plusieurs versets du Saint Coran ont été lus pour la mémoire des pendus en présence des parents, amis, connaissance et défenseurs des droits humains.
Facely Diawara
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