CRIEF : Damatang Albert, Rémy Lamah, Oyé Guilavogui et Lonceny Nabé attendus à la barre le 29 avril

La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) tiendra le 29 avril une audience très attendue, au cours de laquelle plusieurs anciens hauts responsables guinéens comparaîtront pour des faits présumés de malversations financières, selon le rôle d’audience consulté mardi.

Parmi les personnalités convoquées figurent Damantang Albert Camara, ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Rémy Lamah, Oyé Guilavogui, ancien ministre de la santé ainsi que Louncény Nabé, ex-gouverneur de la banque centrale de la République de Guinée (BCRG).

Selon les documents judiciaires, ces anciens responsables sont poursuivis par l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, pour des faits présumés de ‘’détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux’’.

Dans le détail, Damantang Albert Camara est mis en cause pour ‘’détournement de fonds publics, corruption et blanchiment de capitaux’’, tandis que Louncény Nabé est poursuivi notamment pour ‘’détournement de deniers publics et enrichissement illicite’’.

Le dossier de Rémy Lamah suscite un intérêt particulier. L’ancien ministre de la Santé avait été relaxé en première instance le 31 juillet 2023, décision confirmée en appel le 12 décembre 2024.

Sa nouvelle comparution intervient dans un contexte où la juridiction n’exclut pas le réexamen de certaines affaires déjà jugées.

S’agissant d’Oyé Guilavogui, ancien ministre des Télécommunications, son dossier figure également parmi les affaires programmées.

Le ministère public avait précédemment requis à son encontre une peine de cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 50 milliards de francs guinéens.

Au total, une dizaine de dossiers sont inscrits au rôle de cette audience, qui sera présidée par Alpha Camara, assisté de ses assesseurs.

Le parquet sera représenté par plusieurs magistrats, dont Ousmane Sano.

Cette série de comparutions s’inscrit dans la dynamique impulsée par le procureur spécial de la CRIEF, Alphonse Charles Wright, qui a récemment évoqué la possibilité de rouvrir des dossiers clos ou déjà jugés.

Alors que les autorités guinéennes affichent leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption, ces audiences pourraient constituer un tournant, à la fois pour la crédibilité de la justice et pour la perception de l’État de droit dans le pays.

Kadiatou N’Diaye