Le tribunal correctionnel de Mafanco a condamné lundi l’artiste Yama Sega et l’influenceuse Maya La Solution à deux ans d’emprisonnement assortis de sursis et à une amende de 40 millions de francs guinéens chacune, pour injures et menaces proférées sur les réseaux sociaux, a constaté un journaliste de Conakry Infos.
Les deux prévenues, de leurs noms civils Mariama Bah et Mariame Kaba, étaient poursuivies à la suite d’un différend largement relayé en ligne.
À la barre, elles ont reconnu les faits sans détour, évoquant un accès de colère et présentant des excuses publiques.
L’affaire a été jugée selon la procédure de flagrant délit, moins de 24 heures après leur déferrement au parquet du tribunal de première instance de Mafanco.
Lors des réquisitions, le procureur Ibrahima Kanfory Camara avait sollicité une peine de deux ans de prison avec sursis et une amende de 30 millions de francs guinéens contre chacune des prévenues, dénonçant la gravité des propos tenus. La défense, elle, avait plaidé la clémence, estimant que les infractions n’étaient pas constituées.
Dans sa décision, le tribunal a suivi en partie les réquisitions du parquet, en retenant la culpabilité des deux femmes et en alourdissant le montant de l’amende.
La juridiction leur a également interdit l’usage des réseaux sociaux à des fins personnelles pendant une durée de deux ans.
Ce dossier fait suite à un échange virulent entre les deux dames sur les plateformes numériques, marqué par des propos injurieux et des menaces, qui avaient rapidement suscité une vive réaction de l’opinion et conduit à leur interpellation par les services de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM). Elles avaient passé trois jours en garde à vue avant d’être présentées au parquet.
Les deux condamnées ont regagné leur domicile dans la soirée, la peine prononcée n’étant pas ferme.
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités guinéennes face aux dérives sur les réseaux sociaux, où les conflits personnels prennent parfois une ampleur publique. Elle envoie un signal clair sur la responsabilité des utilisateurs quant aux contenus diffusés en ligne.
Kadiatou N’Diaye