Alors que la Guinée se rapproche d’une échéance électorale cruciale, les appels à une candidature du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle se multiplient à travers le pays.
Une prolifération des mouvements de soutien que dénonce Kalémodou Yansané, vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti de l’opposant en exil Cellou Dalein Diallo.
Dans un discours tenu samedi 15 février devant des militants réunis au siège de l’UFDG à Minière, à Conakry, Kalémodou Yansané a critiqué la multiplication des structures réclamant la candidature du chef de la transition.
« La jeunesse guinéenne se tourne vers le folklore et les mouvements de soutien pour espérer gagner un peu d’argent. La culture du mérite a disparu de nos esprits. Aujourd’hui, ce ne sont pas les plus compétents qui sont nommés. », a-t-il déclaré, appelant à un retour aux valeurs du travail et de l’excellence.
Il a également mis en garde contre une crise migratoire accrue en raison du manque d’opportunités pour les jeunes.
« Faute d’emploi et de formation adéquate, beaucoup de jeunes cherchent des solutions ailleurs. Pendant ce temps, les dirigeants africains accusent l’étranger de leurs malheurs, comme on le voit au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Mais n’oublions pas que les armes qui tuent en Afrique sont fabriquées ailleurs. », a-t-il ajouté.
Alors que le général Mamadi Doumbouya, qui dirige la transition depuis le coup d’état de septembre 2021, n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature, ces initiatives de soutien répétées alimentent les spéculations sur ses intentions.
La scène politique guinéenne demeure marquée par l’exil forcé des principaux responsables de l’opposition, notamment Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, contraints de quitter le pays dans la foulée de la prise de pouvoir par les militaires.
Leur absence réduit la marge de manœuvre des forces d’opposition alors que le pays s’achemine vers une élection dont les contours restent flous.
Kadiatou N’Diaye