[dropcap]A[/dropcap]près l’inculpation de Dadi et de Toto, respectivement premier et deuxième de l’ex-junte guinéenne du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), les autorités de Conakry ont annoncé l’interrogation prochaine, à titre de témoin, du général Sékouba Konaté.
Le ministre Cheick Sako a indiqué : « Les juges font leur travail. Il me semble que M. Sékouba Konaté sera, dans un premier temps, entendu comme un témoin. » Puis d’ajouter : « Toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans ce dossier seront entendues, dans un premier temps, comme des témoins. Ce sont les magistrats qui apprécieront le reste. […] En tant que ministre de la Justice, je ne peux pas donner d’instructions aux magistrats dans ce dossier. Je vérifie si les choses ont été bien faites. C’est tout. » Le ministre a tenu à rappeler que « personne ne sera[ait] à l’abri », « même les civils ».
Réagissant aux critiques sur la lenteur de la justice guinéenne et celles portant sur la dernière visite de la procureure de la CPI à Conakry, le ministre de la Justice a indiqué : « Vous ne pouvez pas, dans une procédure criminelle, dire que le procès va avoir lieu en telle date. […] Quand il n’y a pas de manifestation de la vérité, il n’y a pas de délai préfixé. » Et si Fatou Bensouda n’est venue que fin juin et pas en janvier comme initialement prévu, c’est parce que son « programme ne lui a [pas] permis ».
L’instruction prendra fin, espère-t-il, d’ici la fin de l’année et le procès devrait suivre à Conakry.
JA