Les 217 détenus bénéficiaires de la grâce présidentielle devront suivre un stage de 45 jours consacré à l’éducation civique et à la préparation à la réinsertion avant leur libération définitive.
Parmi eux figure Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL). Les modalités de ce dispositif ont été fixées par un arrêté conjoint des ministres de la Justice et de la Défense nationale, signé lundi 5 octobre 2026.
La grâce présidentielle accordée à 217 détenus ne se traduira donc pas par une libération immédiate. Les bénéficiaires devront au préalable participer à un programme d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion, d’une durée de 45 jours.
Dans un arrêté conjoint, les ministres de la Justice et des Droits de l’Homme et de la Défense nationale ont précisé les modalités administratives, pédagogiques, sanitaires et financières de ce stage, conformément aux dispositions du décret portant grâce à certains condamnés.
Le texte définit également les responsabilités des différents services concernés ainsi que les mécanismes d’encadrement et de suivi des bénéficiaires durant toute la période de formation.
Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme est chargé de concevoir, de mettre en œuvre et de superviser les programmes de formation. Il devra également vérifier les dossiers des stagiaires, assurer leur suivi administratif, leur fournir les tenues et équipements nécessaires et veiller à leur accompagnement social.
À l’issue du stage, le département de la Justice devra délivrer les attestations correspondantes aux participants.
Le ministère de la Défense nationale, pour sa part, devra mettre à disposition le site destiné à la formation et apporter son concours à l’encadrement des stagiaires ainsi qu’à la sécurisation du dispositif.
Les dépenses relatives à l’organisation et au déroulement du programme seront prises en charge sur le budget du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.
Parmi les bénéficiaires figure Aliou Bah, président du MoDeL et figure de l’opposition guinéenne. Sa présence dans la liste des détenus concernés donne à cette mesure de clémence une résonance particulière, dans un contexte marqué par de vifs débats sur les libertés publiques, la justice et le sort réservé aux acteurs de l’opposition.
La mise en œuvre de ce stage de 45 jours constitue désormais la principale étape avant la libération définitive des bénéficiaires.
Son déroulement devrait permettre de mesurer la portée concrète de ce dispositif, présenté à la fois comme une mesure d’encadrement civique et comme un mécanisme de préparation à la réinsertion.
Mohamed Sylla
