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Patrimoine : la Guinée réclame à la France la restitution du crâne de Bokar Biro Barry

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La Guinée a officiellement engagé une nouvelle démarche en faveur de la préservation de son patrimoine historique.

Les autorités guinéennes ont demandé à la France la restitution du crâne de l’almamy Bokar Biro Barry, dernier souverain de l’État théocratique du Fouta-Djalon, ainsi que de ceux de son fils, de son frère et de son chef de guerre.

L’annonce a été faite par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, qui précise que la demande officielle a été déposée le 27 juillet, après que les autorités françaises ont confirmé la présence de ces restes humains au Musée de l’Homme à Paris.

Cette initiative intervient quelques semaines après une première requête de la Guinée portant sur la restitution des effets personnels de l’almamy Samory Touré, autre grande figure de la résistance à la conquête coloniale française.

Pour Conakry, ces démarches participent à la valorisation de la mémoire nationale et à la réappropriation d’un patrimoine historique longtemps conservé à l’étranger.

La demande guinéenne s’appuie sur la législation française adoptée en 2023, qui ouvre la voie à la restitution de restes humains conservés dans les collections publiques.

Dans cette perspective, un comité scientifique a été mis en place en Guinée afin d’accompagner le processus, dont l’aboutissement pourrait intervenir dans un délai d’un à deux ans.

Figure emblématique de la résistance à la pénétration coloniale, Bokar Biro Barry fut tué en 1896 après avoir refusé de se soumettre aux forces françaises.

Son crâne, emporté en France à l’époque comme trophée de guerre selon les pratiques coloniales de l’époque, est conservé depuis plus d’un siècle au Musée de l’Homme.

Les autorités guinéennes ont d’ores et déjà indiqué que, si la restitution aboutit, les restes de Bokar Biro Barry et de ses compagnons ne seront pas exposés au public.

Conformément aux traditions et aux valeurs culturelles du pays, ils feront l’objet d’une inhumation digne et d’honneurs officiels. Le lieu de leur sépulture n’a toutefois pas encore été arrêté.

Au-delà de leur portée historique, ces démarches traduisent la volonté des autorités guinéennes de restaurer une partie de la mémoire nationale.

Elles s’inscrivent dans un mouvement international de restitution des biens culturels et des restes humains acquis durant la période coloniale, une question devenue un enjeu majeur des relations patrimoniales entre les États africains et les anciennes puissances coloniales.

Kadiatou N’Diaye

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