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Enlèvement d’un bébé à Ratoma : un agent condamné à cinq ans, une sage-femme acquittée

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Le tribunal criminel de Dixinn a condamné, vendredi, Habib Diallo, agent comptable au Centre médico-communal (CMC) de Ratoma, à cinq ans de réclusion criminelle pour enlèvement d’enfant. Dans le même dossier, une sage-femme a été relaxée, tandis que deux autres prévenues ont été reconnues coupables de faux en écriture.

Le jugement, rendu en audience publique et contradictoire, clôt plusieurs mois de procédure judiciaire ouverte à la suite de l’enlèvement présumé d’un nourrisson dans cet établissement de santé, une affaire qui avait suscité une vive émotion à travers le pays.

Le tribunal a déclaré Habib Diallo coupable d’enlèvement d’enfant et l’a condamné à cinq ans de réclusion criminelle.

En revanche, la sage-femme Fatoumata Condé a été relaxée au bénéfice du doute, les juges estimant que les éléments de preuve présentés au cours des débats étaient insuffisants pour établir sa responsabilité pénale.

Les deux autres prévenues, Djénab Diallo et Kadiatou Bangoura, ont été reconnues coupables de faux dans l’établissement de documents administratifs relatifs à l’identité de l’enfant. Elles ont chacune écopé d’une peine d’un an d’emprisonnement assortie d’une amende de 2 millions de francs guinéens.

Le tribunal a également ordonné l’annulation de la déclaration de naissance établie le 1er octobre 2025 ainsi que de l’extrait d’acte de naissance n° 5627, dressés au nom de Boh Hassan Kaba, les déclarant faux. Il a en conséquence prescrit leur radiation des registres de la clinique Le Flamboyant et de l’état civil de Matam.

La juridiction a, par ailleurs, ordonné aux services publics concernés de donner une suite diligente aux démarches entreprises par la mère de l’enfant, Makalé Soumah, sous peine de poursuites en cas de manquement.

Sur le plan civil, Habib Diallo, Djénab Diallo et Kadiatou Bangoura ont été condamnés solidairement à verser 100 millions de francs guinéens à Makalé Soumah à titre de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

Ce verdict marque une étape importante dans le traitement judiciaire de cette affaire, qui avait mis en lumière les risques liés aux fraudes sur l’état civil et à la sécurité des nouveau-nés dans les structures sanitaires.

Il rappelle également les exigences de rigueur et de responsabilité qui s’imposent aux professionnels de santé et aux agents impliqués dans la gestion des actes administratifs.

Kadiatou N’Diaye

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