L’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée (FDDHG) a procédé, ce vendredi à Kindia, au lancement officiel de la formation de 15 assistants psychosociaux dans le cadre du projet « Justice et dignité pour les survivantes de violences basées sur le genre (VBG) en République de Guinée ».
Cette initiative vise à renforcer les capacités des acteurs de première ligne appelés à accompagner les survivantes de violences basées sur le genre à travers l’écoute, l’accueil, le conseil et l’orientation. La cérémonie d’ouverture a réuni les autorités administratives et communales de Kindia ainsi que plusieurs acteurs de la société civile.
Dans un entretien accordé à Conakry Infos, la présidente de l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée, Mme Moussa Yero Bah, est revenue sur les objectifs du projet.
« Justice et dignité pour les survivantes de VBG, c’est le thème de ce projet que nous lançons aujourd’hui à Kindia. Nous voulons que justice soit rendue aux survivantes et que leur dignité soit pleinement respectée. Une victime a besoin d’être écoutée, accompagnée et protégée, et non jugée ou stigmatisée », a-t-elle déclaré.
Selon elle, ce projet bénéficie de l’appui de l’Agence française de développement (AFD) depuis trois ans et est mis en œuvre par IPPF Africa Region, en collaboration avec l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, dans plusieurs pays de la sous-région.
« La Guinée fait partie des pays bénéficiaires. Nous avons choisi Kindia pour le lancement officiel parce qu’elle constitue un point de convergence entre Conakry, Coyah et Télémélé, les trois zones d’intervention du projet », a-t-elle expliqué.
Mme Moussa Yero Bah a souligné que cette première session est consacrée à la formation de 15 assistants psychosociaux.
« Une survivante de violences basées sur le genre a besoin d’une écoute attentive, d’un accompagnement adapté et d’une orientation vers les services compétents. C’est pourquoi nous renforçons les compétences de ces assistants qui joueront un rôle essentiel dans la prise en charge des victimes. »
Créée en 2013 et officiellement agréée en 2016, l’ONG affirme avoir déjà accompagné plus de 800 femmes survivantes de violences. Elle dispose d’antennes à Coyah, Télémélé, Labé et Tougué, et prévoit prochainement l’ouverture d’une représentation à Kindia. Outre la lutte contre les violences basées sur le genre, l’organisation œuvre également pour la promotion des droits humains et l’autonomisation économique des femmes à travers un fonds revolving.
Présidant la cérémonie, le président de la délégation spéciale de Kindia, El Hadj Diango Cissé, a salué cette initiative qu’il juge essentielle dans le contexte actuel.
« Les valeurs éducatives et familiales doivent être renforcées afin de prévenir les violences. Les organisations qui s’investissent dans la protection des femmes et des enfants méritent d’être soutenues. Ce type de formation contribue à sensibiliser les communautés et à réduire les violences », a-t-il indiqué.
Parmi les bénéficiaires de la formation figure Fatoumata Camara, présidente du Club des jeunes leaders de Coyah. Elle s’est réjouie de participer à cet atelier, estimant que les connaissances acquises seront utiles dans sa communauté.
« Dans la préfecture de Coyah, nous faisons face à de nombreux cas de viols et de mutilations génitales féminines. Cette formation nous permettra de mieux accompagner les survivantes. J’appelle toute la population, notamment les jeunes, à unir leurs efforts pour éradiquer les violences basées sur le genre », a-t-elle lancé.
Cette session de formation marque ainsi le démarrage opérationnel du projet dans les zones de Conakry, Coyah et Télémélé, avec l’ambition de renforcer durablement le dispositif communautaire de prévention et de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre.
Rachid Camara
Depuis Kindia, pour ConakryInfos.com

