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CRIEF : le parquet requiert 10 ans de prison contre Soriba Soumah et plus de 7 milliards GNF à rembourser

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Le ministère public a requis lundi dix ans de prison ferme contre le directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean-Paul II, Soriba Soumah, ainsi que des amendes et la confiscation de ses biens, au terme des réquisitions devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Le procès, impliquant plusieurs prévenus, dont un ancien agent comptable et un responsable de société prestataire, est entré dans sa phase des plaidoiries et réquisitions.

Représentant l’État, Me Sâa Dissi Millimouno a estimé que les faits de détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux en écritures publiques et enrichissement illicite sont constitués.

La partie civile a réclamé plus de 7 milliards de francs guinéens de remboursements, incluant des fonds liés à des marchés publics et à des décaissements jugés injustifiés.

Elle a notamment demandé la restitution de 3,57 milliards GNF relatifs à un contrat de fourniture d’équipements médicaux, ainsi que 747 millions GNF de dépenses présumées non exécutées et plus de 3,1 milliards GNF de sorties de fonds jugées frauduleuses.

D’autres sommes ont été évoquées, dont 270 millions GNF liés à des prestations de gardiennage contestées, ainsi que des montants issus de recettes hospitalières et de primes versées malgré une suspension.

La partie civile a également sollicité 1 milliard GNF de dommages et intérêts, la confiscation des biens identifiés et la restitution d’un groupe électrogène estimé à 60 millions GNF.

Dans ses réquisitions, le procureur, Biwon Millimouno, a demandé la condamnation de Soriba Soumah à dix ans d’emprisonnement et 50 millions GNF d’amende, ainsi que la publication de la décision à ses frais et la confiscation de ses biens.

Le ministère public a également requis cinq ans de prison et 25 millions GNF d’amende contre Ismaël Traoré, poursuivi pour complicité des mêmes infractions présumées.

Les avocats de la défense doivent à leur tour présenter leurs plaidoiries dans une affaire qui illustre, selon plusieurs observateurs judiciaires, l’intensification des procédures engagées devant la CRIEF contre la gestion des fonds publics.

Au-delà des chiffres et des réquisitions sévères, ce dossier met une nouvelle fois en lumière la sensibilité des contentieux financiers portés devant la juridiction spéciale, où s’affrontent exigences de reddition des comptes et présomption d’innocence encore en débat.

Kadiatou N’Diaye

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