La crise au sein de la boxe guinéenne connaît un nouveau rebondissement. African Boxing a annoncé la suspension provisoire de trois mois d’Alpha Amadou Baldé, président de la Fédération guinéenne de boxe (FEGUIBOXE), et d’Ousmane Niang, secrétaire général de l’instance, selon une décision disciplinaire datée du 11 mai 2026.
La mesure, prise par le Comité d’éthique et de discipline de l’organisation continentale, interdit aux deux responsables toute participation aux activités liées à la boxe, aussi bien sur le plan national qu’international, avec effet immédiat.
Dans sa décision référencée AfB/DEC/CED/05/2026, African Boxing reproche aux deux dirigeants plusieurs violations présumées du Code d’éthique et de discipline de l’organisation ainsi que du Code de conduite de World Boxing.
Selon l’instance, Alpha Amadou Baldé et Ousmane Niang auraient diffusé publiquement, dans un groupe WhatsApp dénommé « Africa 2018 », des échanges considérés comme confidentiels avec le secrétaire général de World Boxing au sujet d’une enquête en cours. Ils sont également accusés d’avoir partagé sans autorisation une correspondance interne émanant du président du Comité d’éthique et de discipline d’African Boxing.
L’organisation estime que ces actes constituent une atteinte aux règles de confidentialité imposées aux responsables sportifs affiliés aux structures internationales de boxe.
Le document disciplinaire évoque aussi des propos jugés « injurieux et abusifs » à l’encontre du président d’African Boxing, Solomon Desmond Kargbo, ainsi que de certains membres de son équipe dirigeante.
Des extraits de messages mentionnés dans la décision montrent notamment qu’Alpha Amadou Baldé aurait qualifié certains responsables de « gens stupides » tout en formulant des accusations liées à un présumé trafic de visas visant Solomon Desmond Kargbo.
Ousmane Niang est, pour sa part, accusé d’avoir tenu des propos jugés irrespectueux envers Abdoulaye Khouma, président du Comité d’éthique et de discipline d’African Boxing, dans une correspondance adressée au secrétaire général de World Boxing.
African Boxing considère que ces comportements sont contraires aux principes de respect, de professionnalisme et d’intégrité exigés des responsables sportifs.
La décision disciplinaire révèle également qu’Alpha Amadou Baldé ferait déjà l’objet d’une sanction antérieure prononcée le 7 juin 2024 par l’AFBC pour « comportement antisportif », assortie d’une suspension de trois ans et d’une amende de 15 000 francs suisses.
Selon l’organisation continentale, cette sanction serait toujours en vigueur et n’aurait pas été déclarée conformément aux obligations prévues par les règlements de World Boxing.
En attendant la conclusion de l’enquête ouverte contre eux, les deux dirigeants sont suspendus de toute fonction administrative, technique ou représentative liée à la boxe.
Dans une circulaire adressée aux fédérations nationales affiliées ainsi qu’aux autorités sportives guinéennes, le secrétaire général d’African Boxing, Cyprien Tamo, a demandé l’application stricte de cette décision, avertissant que toute collaboration avec les personnes suspendues pourrait entraîner des sanctions disciplinaires.
Cette nouvelle affaire illustre les profondes tensions qui secouent actuellement les instances dirigeantes de la boxe africaine et relance les interrogations sur la gouvernance du noble art en Guinée.
Mohamed Sylla
