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Guinée-Bissau : l’armée justifie son coup d’État et impose six mesures d’urgence pour un contrôle total du pays

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La junte militaire qui a pris le pouvoir mercredi 26 novembre en Guinée-Bissau affirme avoir agi pour contrer un « vaste plan de déstabilisation » impliquant des réseaux criminels internationaux, alors que le pays attendait toujours la proclamation des résultats de la présidentielle du 23 novembre.

Dans une déclaration lue à la télévision nationale, le « Haut Commandement Militaire pour la Restauration de la Sécurité Nationale et de l’Ordre Public » a annoncé assumer « la plénitude des pouvoirs de l’État ».

Les officiers disent avoir été contraints d’intervenir face à une « situation d’urgence nationale » susceptible, selon eux, de menacer la stabilité et l’intégrité du pays.

Le porte-parole de la junte, le général Denis N’Canha, a accusé « certains responsables politiques » d’entretenir des liens avec des « barons de la drogue nationaux et étrangers », évoquant également une tentative de manipulation des résultats électoraux.

Les services de renseignement auraient découvert un dépôt d’armes présenté comme l’une des pièces maîtresses de ce supposé complot.

Six mesures pour un contrôle total du pays

En attendant un « retour complet à la normalité constitutionnelle », les militaires ont annoncé une série de décisions plaçant le pays sous leur autorité exclusive :

  1. Destitution immédiate du président de la République ;
  2. Fermeture, jusqu’à nouvel ordre, de toutes les institutions nationales ;
  3. Suspension du processus électoral en cours ;
  4. Suspension des activités de l’ensemble des radios ;
  5. Fermeture des frontières terrestres et maritimes, ainsi que de l’espace aérien ;
  6. Instauration d’un couvre-feu de 21h à 6h.

La junte a appelé la population au « calme » et à la « coopération », promettant de ne conserver le pouvoir que le temps nécessaire à la restauration de l’ordre constitutionnel.

Dans un pays habitué aux ruptures institutionnelles, chaque intervention militaire est présentée comme un remède — mais laisse souvent derrière elle de nouvelles zones d’incertitude.

Mohamed Sylla

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