L’ancien président guinéen Alpha Condé a reconnu jeudi « ses erreurs » et a demandé « pardon » au peuple de Guinée, dans un discours publié sa page facebook à l’occasion du 67e anniversaire de l’indépendance du pays.
« Je voudrais, encore une nouvelle fois, adresser mes condoléances aux familles des victimes des manifestations politiques et demander pardon au nom de l’État guinéen », a déclaré M. Condé dans son adresse à la Nation, diffusée depuis l’étranger où il vit en exil.
Évoquant son bilan de dix années de gouvernance (2010-2021), l’ancien chef de l’État a rappelé les progrès réalisés selon lui dans l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la santé, l’éducation et les mines, citant notamment la construction des barrages hydroélectriques de Kaléta et Souapiti, les routes bitumées, l’amélioration de la production agricole et la relance du projet de fer de Simandou.
Mais Alpha Condé a admis que « des erreurs et des manquements » avaient jalonné son parcours.
« Je m’apprêtais à les corriger afin d’amorcer un vaste programme de développement », a-t-il affirmé.
L’ancien président a par ailleurs vivement critiqué la junte militaire dirigée par le général Mamadi Doumbouya, accusant le régime actuel d’avoir « enterré la démocratie », de multiplier les « arrestations arbitraires » et d’avoir isolé la Guinée sur la scène diplomatique.
Appelant à « l’unité nationale » et au « rassemblement », Alpha Condé a exhorté ses compatriotes à « dire non à la junte » et à se mobiliser pour le retour de « l’ordre constitutionnel civil, la démocratie et la réconciliation ».
Renversé le 5 septembre 2021 après avoir brigué un troisième mandat controversé, Alpha Condé (87 ans) vit depuis entre la Turquie et les Émirats arabes unis. Son intervention du 2 octobre intervient alors que la Guinée traverse une période de fortes tensions politiques et sociales, marquée par des arrestations d’opposants et une économie en crise.
Mohamed Sylla
