Cour constitutionnelle : « La décision des commissaires n’est pas fondée », selon le barreau de Guinée

Le barreau de Guinée a donné mardi 18 septembre, au cours d’une conférence de presse à Conakry, sa position sur la crise qui mine la cour constitutionnelle avec la destitution de son président Kèlèfa Sall par huit commissaires de l’institution.
A l’entame, le bâtonnier de l’ordre avocats de Guinée, Me Mohamed Traoré a décliné le rôle du barreau de Guinée.
« Le barreau est du côté de la légalité. Ce qui veut dire qu’il n’est ni un défenseur du président de la cour constitutionnelle, en l’occurrence M. Kelefa Sall, ni des adversaires des autres conseillers de ladite cour. Notre souci est de faire en sorte que la légalité soit préservée et qu’en toute circonstance, force reste à la loi », a-t-il rappelé.
Suite au communiqué des membres de la ladite cour, paru le lundi 17 septembre dernier sur les medias publics, évoquant la motion d’empêchement sur l’arrêt No 001 destituant le président Kelefa Sall, Me Mohamed Traoré a apporté des éclaircissements.
« La motion d’empêchement se ramène à l’incapacité physique ou mentale d’une personne à assumer une fonction ; et cette incapacité doit être attestée par un collège de médecins assermentés. Partant de là, est-ce qu’on peut dire que du fait que sept membres de la cour constitutionnelle ait retiré leur confiance au président de l’institution, constitue un empêchement ? La réponse est non ! Donc manifestement, la décision n’est pas fondée », a-t-il soutenu.
Plus loin, Me Traoré estime que M. Kelefa Sall est membre d’une juridiction à caractère collégial. Donc, il ne peut pas prendre une décision unilatérale.
« La question du débat relatif au discours de M. Kelefa Sall en 2015 est un faux débat, car, au sein de la cour constitutionnelle, c’est la règle de la majorité. Il faut plutôt se centrer sur ce qui est le véritable problème : le respect de la légalité et faire en sorte que nous ayons des institutions crédibles. Si on sent à travers certain comportement de l’exécutif, la volonté d’assujettir, de domestiquer toutes les institutions, c’est nous pauvres citoyens qui sommes en danger », a martelé le bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée, Me Mohamed Traoré.
Boubacar Sidy Bah
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