The news is by your side.

Dossier 28 septembre : « La CPI ne fait surveiller l’avancée, mais ne peut récupérer le procès »

les Annonces 224

stade28e28[dropcap]A[/dropcap] l’appel des forces vives, plusieurs milliers de guinéens se sont donné rendez-vous au stade de Conakry le lundi 28 septembre, pour manifester contre l’éventuelle candidature du chef de la junte militaire alors au pouvoir en Guinée. Ils ont été réprimés dans le sang. Des femmes, violées par centaines. Les associations de défense des droits de l’homme ont dressé une liste non exhaustive de 157 morts. Dans les annales de l’histoire, le dossier a été répertorié sous le nom du ‘‘Massacre du 28 septembre’’.

Sept ans donc après ce douloureux choc, le peuple de Guinée attend toujours que justice soit rendue. Malgré que certains hauts perchés de l’administration publique actuelle aient été inculpés dans cette tragédie. Notamment le ministre chargé de la Sécurité présidentielle, le colonel Claude Pivi, le secrétaire général à la Présidence chargé des services spéciaux, de la lutte anti-drogue et des crimes organisés, le colonel Moussa Tiégboro Camara, ainsi que le gouverneur de Conakry, le général Mathurin Bangoura.

Interpellé sur cette malheureuse affaire qui traine encore, le ministre de la Justice rassure que le dossier continue son cours. « Et comme vous le savez, c’est un crime international. Donc, c’est une affaire qui dépasse la Guinée. Il faut que ça soit entendu par tout le monde. On ne peut pas faire l’économie d’un procès pour l’affaire du 28 septembre », soutient le Garde des Sceaux, à l’entame de son speech.

En 2009, l’Etat guinéen avait pris ses responsabilités au niveau de la justice, en constituant un pool de 3 juges d’instruction qui ont travaillé sur le dossier, qui ont eu beaucoup de difficultés, qui ont eu des obstacles et surtout beaucoup d’embûches. Ils ont travaillé lentement, mais sûrement. Et à l’avènement de l’actuel régime en décembre 2010, il a accentué le phénomène. Ce qui a été pérennisé par le ministre Me Cheick Sako également à son arrivée, même si le peuple attend de lui mieux que ça.

« Moi, je suis arrivé en avril 2014, j’ai aussi accentué le phénomène. Ce qui a abouti à l’inculpation de qui ? Vous le savez. Il y a d’autres personnes. Donc, on va continuer. Alors, par rapport à la Cour pénale internationale, il y a ce qu’on appelle le principe de subsidiarité. Dès lors que le dossier est traité au niveau national, la Cour pénale internationale ne fait surveiller l’avancée. Mais elle ne peut pas récupérer le procès. Là aussi, c’est du droit international. Il faut que ça soit clair ! En revanche, si les Guinéens ne le font pas ou s’il y a une lenteur excessive, la Cour pénale peut intervenir. C’est pourquoi je dis qu’il faut absolument qu’on assume et on va assumer notre responsabilité », affiche le ministre de la Justice.

Ce qui sous-tend que les victimes doivent encore garder leurs yeux pour pleurer l’injustice qu’on leur a imposée. Au regard de la lenteur que continue d’enregistrer ce dossier que certains qualifient de crime contre l’humanité. Puisque le procès n’est pas pour demain.

Mady Bangoura

00224 664 29 48 51

Conakryinfos.com

À LIRE AUSSI