Plastiques à usage unique : l’UPEMGUI salue le moratoire de six mois et appelle à accélérer la transition

L’Union des producteurs d’eau minérale de Guinée (UPEMGUI) a salué jeudi, à la Maison de la presse, l’octroi par le gouvernement d’un moratoire de six mois aux producteurs d’eau minérale concernés par l’interdiction des sachets plastiques à usage unique.
Lors d’une conférence de presse, l’organisation a appelé les acteurs de la filière à mettre ce délai à profit pour engager la transition vers des solutions plus respectueuses de l’environnement.
La rencontre a réuni notamment Souleymane Fofana, président de l’UPEMGUI, Moussa Sidibé, premier vice-président de l’association, ainsi que M’Banny Sidibé, président de l’Union des consommateurs de Guinée.
Prenant la parole, Souleymane Fofana a d’abord exprimé sa reconnaissance aux autorités et aux différentes parties prenantes ayant contribué à l’obtention de ce moratoire.
Il a notamment remercié le gouvernement, l’Association des consommateurs de Guinée et la Chambre de commerce, d’industrie et de l’artisanat de Guinée pour leur implication dans le dialogue.
Pour le président de l’UPEMGUI, ce délai de six mois ne doit toutefois pas être considéré comme une fin en soi. Il constitue, selon lui, une période de transition devant permettre aux producteurs et aux autres acteurs concernés de préparer des solutions alternatives.
« L’obtention de ce délai moratoire n’est pas une fin en soi. C’est un défi majeur lancé à l’ensemble de la nation, à l’organisation concernée et aux industriels », a-t-il déclaré.
Écouler les stocks et stopper les nouvelles commandes
Souleymane Fofana a particulièrement insisté sur la nécessité de gérer les stocks existants tout en évitant l’introduction de nouveaux produits plastiques jugés non conformes.
« Aux fournisseurs, importateurs et commerçants, il est impératif d’écouler progressivement les stocks existants, tout en arrêtant toute nouvelle commande de produits plastiques non conformes », a-t-il indiqué.
L’UPEMGUI estime également que le moratoire doit permettre d’accélérer les investissements dans des technologies propres et de favoriser le développement d’alternatives aux plastiques à usage unique.
Vers une filière de valorisation des déchets plastiques
Au-delà de la question de l’interdiction, le président de l’UPEMGUI a plaidé pour la mise en place d’une chaîne de valorisation des déchets plastiques, allant de la collecte au tri et à la transformation industrielle.
« Un objectif clair : valoriser et transformer », a-t-il affirmé, appelant à mettre à profit le délai accordé pour structurer une chaîne de valeur complète autour des déchets plastiques.
Selon lui, cette démarche pourrait également contribuer à la création d’emplois verts et au développement d’une économie circulaire.
L’UPEMGUI a par ailleurs appelé les citoyens à accompagner cette transition par des comportements responsables, notamment à travers le tri à la source et la réduction progressive de l’utilisation des plastiques jetables.
Un enjeu environnemental
Pour Souleymane Fofana, la transition engagée concerne également la préservation du cadre de vie et des ressources naturelles. Il a appelé à protéger les cours d’eau et les sols, estimant que la Guinée doit tirer parti de ce moratoire pour renforcer ses efforts en matière de gestion des déchets plastiques.
« La Guinée, bénie par sa nature et légitimement reconnue comme le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, se doit d’être exemplaire », a-t-il déclaré.
À travers cette conférence de presse, l’UPEMGUI entend ainsi faire du moratoire de six mois une période de transition et de préparation, en encourageant les producteurs, fournisseurs, importateurs, commerçants et consommateurs à contribuer à la réduction progressive de l’usage des plastiques à usage unique.
Fatoumata Sylla