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Massacre du 28 Septembre : les victimes réclament réparation et une stèle au stade de Conakry

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Dix-sept ans après le massacre du 28 septembre 2009, l’AVIPA réclame une réparation qui ne se limite pas à l’indemnisation financière et demande l’installation d’une stèle commémorative au stade du 28-Septembre. La FIDH appelle, de son côté, à davantage de protection des droits humains en Guinée.

La mémoire des victimes du 28 septembre 2009 reste au cœur des revendications de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA). À l’occasion du 17e anniversaire du massacre, l’association a réaffirmé, lundi 28 septembre 2026, ses attentes en matière de réparation et de préservation de la mémoire.

Lors d’une conférence de presse organisée à la Maison de la presse de la Minière, à Conakry, la présidente de l’AVIPA, Asmaou Diallo, a rappelé que le drame avait fait au moins 156 morts, des dizaines de disparus et une centaine de femmes victimes de viols et d’autres violences sexuelles.

L’association reconnaît les efforts engagés par l’État dans le processus d’indemnisation, notamment la mobilisation annoncée de 119 milliards de francs guinéens en faveur des victimes. Mais pour Asmaou Diallo, la réparation doit aller au-delà d’une compensation financière.

« Réparer, c’est aussi soigner. Réparer, c’est accompagner psychologiquement. Réparer, c’est reconnaître la souffrance. Réparer, c’est restaurer la dignité. Et réparer, c’est aussi préserver la mémoire », a-t-elle déclaré.

Dans cette logique, l’AVIPA réclame l’érection d’une stèle dédiée aux victimes dans l’enceinte ou à l’entrée du stade du 28-Septembre, dont la rénovation doit permettre à l’infrastructure de retrouver pleinement sa vocation sportive.

Pour l’association, cette transformation ne doit cependant pas effacer le souvenir du drame. « La rénovation des murs ne doit pas effacer l’histoire qui s’est déroulée entre ces murs », a souligné Asmaou Diallo.

La présidente de l’AVIPA estime ainsi que le stade peut à la fois redevenir un lieu consacré au sport et conserver une dimension mémorielle. Selon elle, la stèle aurait notamment pour objectif de transmettre aux générations futures le souvenir des événements du 28 septembre 2009.

La FIDH, qui participait également à la rencontre aux côtés de l’OGDH et de l’AVIPA, a pour sa part élargi le débat à la situation générale des droits humains en Guinée.

Son président, Me Alexis Deswaef, a dénoncé ce qu’il considère comme des restrictions de l’espace civique et démocratique, évoquant notamment la dissolution de partis politiques, la fermeture ou la suspension de médias ainsi que les restrictions au droit de réunion et aux manifestations pacifiques.

Il a également appelé à renforcer la protection des défenseurs des droits humains et à mener des enquêtes indépendantes et approfondies sur les disparitions forcées. Il a notamment évoqué la découverte de fosses communes et préconisé l’identification des corps, notamment par des prélèvements ADN, afin d’établir leur éventuel lien avec des personnes portées disparues.

« Sans défenseurs des droits humains, il n’y a plus de défense des droits humains », a déclaré le président de la FIDH.

L’organisation appelle également les autorités guinéennes à garantir les libertés fondamentales, à lutter contre les violences basées sur le genre et à renforcer la protection des communautés locales, notamment face aux activités minières.

Dix-sept ans après le 28 septembre 2009, les revendications des victimes portent donc à la fois sur la justice, la réparation et la mémoire. Pour l’AVIPA, l’enjeu reste de préserver le souvenir du drame tout en permettant aux générations futures d’en tirer les enseignements.

 

Fatoumata Sylla, stagiaire

Tel : 611 29 16 93

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