Élections du 24 mai : le RGP participera, Elhadj Bouna Keïta prône la voie légale pour les partis dissous

Le président du Rassemblement pour une Guinée prospère (RGP), Elhadj Bouna Keïta, a annoncé mardi la participation de sa formation politique aux élections législatives, communales et sénatoriales prévues le 24 mai 2026, tout en invitant les partis récemment dissous à privilégier les recours légaux plutôt que la confrontation.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti à Kissosso, dans la commune de Matoto, le leader du RGP a déjà engagé plusieurs démarches pour se conformer aux exigences administratives en vue de ces différents scrutins.
« Nous préparons activement notre participation aux élections législatives, communales et sénatoriales. Des congrès sont en cours d’organisation dans plusieurs préfectures afin de renforcer nos structures et de nous mettre en conformité avec les dispositions en vigueur », a-t-il déclaré.
Selon lui, ce processus de restructuration interne représente un effort important pour les formations politiques, notamment en raison des moyens financiers nécessaires pour mener les activités politiques jusqu’au niveau des sous-préfectures. Malgré ces contraintes, il estime que les partis doivent progressivement s’adapter aux nouvelles exigences réglementaires.
« Lorsque l’État demande certaines réformes, il est important de commencer à les mettre en œuvre. Même si tout ne peut pas être réalisé immédiatement, l’essentiel est d’engager le processus », a-t-il expliqué.
Revenant sur son parcours politique, Bouna Keïta a rappelé s’être engagé dans la vie publique depuis les premières élections pluralistes du début des années 1990, avec l’ambition de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de responsables politiques. Il a également affirmé vouloir bâtir un parti capable de perdurer au-delà de sa propre personne.
La question de la dissolution de plusieurs formations politiques par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a également été abordée au cours de cette rencontre avec la presse.
À ce sujet, le leader du RGP a invité les partis concernés à privilégier les mécanismes juridiques prévus par la loi. Il a rappelé que sa propre formation avait, par le passé, été confrontée à une suspension avant d’être rétablie dans ses droits à la suite d’un recours introduit auprès des autorités compétentes.
« Dans un État de droit, il vaut mieux utiliser les voies légales et le dialogue avec l’État plutôt que la confrontation dans la rue », a-t-il estimé.
Interrogé sur certaines dispositions financières liées aux procédures administratives exigées pour les élections, notamment par la Direction générale des élections (DGE), Bouna Keïta a indiqué que son parti pourrait adresser des observations aux autorités afin de proposer un éventuel allègement de certaines charges.
« Nous allons formuler nos propositions dans un courrier que nous adresserons au ministère de tutelle, notamment en ce qui concerne les conditions de participation aux élections législatives, communales et sénatoriales (…) », a-t-il assuré.
À un peu plus de deux mois de ces échéances électorales, les préparatifs s’intensifient au sein de la classe politique en Guinée, sur fond de débats autour de la restructuration des partis et des conditions d’organisation des prochains scrutins.
Florienne Boré