Dissolution de partis politiques : Bouna Keita salue la décision et appelle à privilégier les voies légales

La décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de dissoudre quarante partis politiques pour « manquement à leurs obligations légales » continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne.
Dans un arrêté rendu public vendredi dernier, les autorités ont annoncé « la perte de leur personnalité morale et de leur statut juridique, l’interdiction de toute activité politique et de l’usage de leurs symboles, ainsi que la mise sous scellés de leurs sièges et le placement de leurs biens sous séquestre sous la supervision d’un curateur ».
Quelques jours après cette décision, le président du Rassemblement pour une Guinée Prospère (RGP), Elhadj Bouna Keita, a réagi en saluant ce qu’il considère comme une étape importante dans l’assainissement de l’espace politique guinéen.
« Je salue la décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation relative à la dissolution des partis politiques qui ne se sont pas conformés aux exigences de la loi portant création, organisation, fonctionnement et contrôle des partis politiques en République de Guinée, adoptée le 21 novembre 2025 par le Conseil national de la Transition. Cette démarche s’inscrit, selon moi, dans une volonté d’assainir et de mieux organiser la vie politique nationale afin de la rendre plus crédible et plus conforme aux textes en vigueur (…) », a déclaré Elhadj Bouna Keita.
Le leader politique a par ailleurs indiqué que sa formation, le RGP, n’est pas concernée par cette mesure, affirmant que le parti s’est conformé aux critères fixés par la commission d’évaluation mise en place par le ministère.
« Le Rassemblement pour une Guinée Prospère ne figure pas sur la liste des partis dissous. Notre formation politique a satisfait à l’ensemble des critères d’évaluation exigés par les autorités. Depuis sa création, nous travaillons à structurer le parti, à renforcer son implantation sur l’ensemble du territoire national et à respecter les dispositions légales encadrant l’activité des partis politiques », a-t-il expliqué.
Selon lui, le RGP poursuit actuellement ses efforts d’implantation dans plusieurs régions du pays et se prépare activement à prendre part aux prochaines échéances électorales, notamment les élections législatives, communales et locales.
S’exprimant sur le sort des formations politiques dissoutes, Elhadj Bouna Keita a appelé leurs responsables et militants au calme et à la retenue, tout en les invitant à recourir aux mécanismes juridiques prévus par la loi pour contester la décision s’ils s’estiment lésés.
« Dans un État de droit, toute décision administrative peut faire l’objet de recours. Si certains partis estiment avoir été injustement dissous, ils ont la possibilité de saisir les juridictions ou les instances compétentes pour faire valoir leurs droits. Les commissions d’évaluation sont composées d’êtres humains et l’erreur reste toujours possible. Les voies légales existent justement pour permettre d’examiner les situations et, le cas échéant, de rétablir les partis qui auraient été sanctionnés à tort », a-t-il souligné.
Il a toutefois insisté sur la nécessité pour toutes les formations politiques de se conformer aux textes en vigueur, estimant que le respect des règles constitue une condition essentielle pour le bon fonctionnement du pluralisme politique.
À travers cette prise de position, le président du RGP plaide pour une gestion apaisée de la situation et encourage l’ensemble des acteurs politiques à privilégier le dialogue et les voies légales, dans la perspective des prochaines échéances électorales en Guinée. Une posture qui se veut à la fois favorable à l’assainissement du paysage politique et attachée à la préservation du climat de paix et de stabilité dans le pays.
Boua King Kouyaté