Le musicien malien Boncana Maïga, figure majeure de la scène ouest-africaine et artisan du rapprochement entre rythmes mandingues et salsa afro-cubaine, est décédé samedi matin à Bamako à l’âge de 77 ans, selon des sources proches de sa famille.
Né à Gao, dans le nord du Mali, le compositeur, arrangeur et flûtiste s’était imposé comme l’un des pionniers des fusions musicales entre l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes.
Boursier à La Havane entre 1964 et 1973 avec de jeunes musiciens maliens, il y acquiert une solide formation classique en solfège, flûte et guitare, qui influencera durablement son écriture musicale.
De retour sur le continent africain, il s’installe en Côte d’Ivoire, où il fonde et dirige pendant quatorze ans l’Orchestre national de la Radiotélévision ivoirienne, tout en enseignant au Conservatoire national.
Sa rencontre avec le producteur sénégalais Ibrahim Sylla de Syllart Productions marque un tournant décisif. Devenu son arrangeur attitré, Boncana Maïga participe à la renaissance des sonorités afro-cubaines en Afrique de l’Ouest.
De cette collaboration naît le groupe Africando, dont les albums Trovador (1993) et Sabador (1994) mêlent langues ouest-africaines et répertoires cubains, mexicains et portoricains, contribuant à populariser la salsa africaine sur la scène internationale.
Boncana Maïga signe également pour le cinéma, composant en 1988 la bande originale du film Bal Poussière du réalisateur ivoirien Henri Duparc.
Installé à Paris à partir de la fin des années 1980, il collabore avec plusieurs artistes africains de renom, parmi lesquels Alpha Blondy, Aïcha Koné et Ray Lema.
Il restera aussi associé à l’émission musicale « Star Parade », diffusée sur TV5 Monde, qui a contribué à promouvoir les musiques africaines à l’international.
Époux de la chanteuse guinéenne Kamaldine Conté, Boncana Maïga laisse derrière lui l’image d’un passeur de cultures, dont l’œuvre a tissé des ponts durables entre l’Afrique et les Amériques.
Sa disparition marque la fin d’une époque pour toute une génération d’artistes qui ont fait dialoguer tradition et modernité sur les scènes du monde.
Mohamed Sylla
