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Rapatriement de Guinéens d’Allemagne : Morissanda Kouyaté clarifie la position du gouvernement

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Sous le feu des critiques après des accusations de « retours forcés » de Guinéens vivant en Allemagne, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Guinéens établis à l’étranger, le Dr Morissanda Kouyaté, a apporté des précisions ce jeudi 26 février 2026 lors d’une conférence de presse animée devant des médias nationaux et internationaux.

Depuis plusieurs jours, des voix s’élèvent sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qui serait, selon certains internautes, une facilitation par les autorités guinéennes du retour contraint de migrants en situation irrégulière en Allemagne.

Face à la polémique, le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à présenter « la version officielle des faits », chiffres à l’appui, tout en dénonçant « des rumeurs amplifiées ».

Des chiffres pour « relativiser »

Abordant frontalement le dossier, le ministre a indiqué qu’environ 6.000 Guinéens se trouveraient actuellement en situation irrégulière en Allemagne.

Selon lui, 120 personnes ont été rapatriées sur une période de quatre ans.

« Sur 6 000 personnes identifiées comme étant en difficulté administrative, 120 sont rentrées en quatre ans. Parler de vague de retours forcés est excessif (…) », a-t-il affirmé, estimant que ces données démontrent l’absence de rapatriement massif.

Le ministre a précisé que seuls les ressortissants ayant épuisé tous leurs recours juridiques peuvent être concernés par un retour, et que chaque dossier est traité « au cas par cas », en coordination avec les représentations consulaires.

Pressions européennes et ligne de conduite de Conakry

Reconnaissant l’existence de pressions de certains partenaires européens confrontés à leurs propres débats internes sur l’immigration, Morissanda Kouyaté a souligné que la question dépasse le seul cas allemand et s’inscrit dans un cadre plus large impliquant plusieurs États de l’Union européenne.

« Certains partenaires ont demandé que nous identifiions systématiquement nos ressortissants en situation irrégulière. Nous avons refusé toute démarche automatique », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de préserver la dignité des citoyens guinéens.

Dimension politique et message à la diaspora

Au-delà des aspects techniques, le ministre a replacé le débat dans le contexte politique national, saluant les efforts engagés sous la transition conduite par le général Mamadi Doumbouya pour « restaurer la crédibilité internationale » du pays.

« Nous n’accepterons pas que nos compatriotes soient traités sans dignité. La Guinée défend ses enfants partout où ils se trouvent », a-t-il assuré.

Cette sortie intervient alors que la diaspora guinéenne en Europe suit attentivement l’évolution du dossier. Les débats restent vifs, entre dénonciation d’un supposé manque de protection consulaire et appels à une lecture plus nuancée des accords de coopération migratoire.

En clarifiant les données et en affichant une posture de fermeté dans les négociations, le chef de la diplomatie guinéenne cherche à rassurer l’opinion publique tout en préservant l’équilibre des relations avec les partenaires européens.

Le dossier des rapatriements demeure, pour Conakry, un test sensible dans la gestion des relations avec sa diaspora.

 

Alseny Camara

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