De violentes tensions ont éclaté mercredi à Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, après l’arrestation d’un activiste opposé à l’exploitation minière mécanisée, faisant au moins un blessé et d’importants dégâts matériels, selon des sources locales.
Aly Thiam, connu pour ses prises de position contre l’utilisation des machines de type « poclin » dans la préfecture, a été interpellé aux environs de 17h par les forces de sécurité.
Son arrestation a déclenché une mobilisation immédiate de nombreux jeunes, qui ont érigé des barricades et paralysé la circulation dans plusieurs quartiers, notamment à Kourouni, Saint-Alexis et dans certaines zones périphériques.
La contestation a rapidement dégénéré en affrontements et en actes de vandalisme.
D’après des témoignages concordants, deux pick-up ont été incendiés, l’un à Saint-Alexis et l’autre à Kourouni, tandis qu’au moins une machine utilisée dans l’exploitation minière a été réduite en cendres. Un ressortissant chinois a été blessé par un projectile lancé par des manifestants. Aucune perte en vie humaine n’a été signalée.
Des habitants ont également rapporté la destruction d’autres équipements appartenant à des exploitants miniers, principalement chinois. La moto du chef de quartier de Kourouni aurait par ailleurs été emportée lors des violences.
Dans l’immédiat, aucune autorité administrative ou sécuritaire n’avait communiqué officiellement sur les motifs exacts de l’arrestation de l’activiste.
Selon des sources proches du dossier, Aly Thiam était entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après le décès, le 7 janvier, d’un homme de 44 ans dans une mine du district de Fadakolon, une zone réputée pour l’exploitation minière clandestine.
Face à l’ampleur des manifestations et à la pression populaire, l’activiste a finalement été libéré après plusieurs heures de tension et confié, selon certaines sources, aux sages de la localité, permettant un retour progressif au calme.
Ces violences ravivent une nouvelle fois le débat sur l’exploitation minière mécanisée à Siguiri, régulièrement dénoncée par des organisations locales pour ses impacts environnementaux et un encadrement jugé insuffisant.
Kabasaran Camara

