La victoire du « Oui » au référendum constitutionnel du 21 septembre dernier a ouvert une nouvelle phase politique en Guinée, mais elle ravive aussi certaines incertitudes administratives.
L’un des dossiers les plus scrutés est celui de Paul Moussa Diawara, suspendu de ses fonctions de directeur national de la Marine marchande par un arrêté du ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, en date du 22 août dernier.
L’arrêté évoquait une « faute lourde » à l’origine de cette suspension, sans toutefois préciser la nature exacte des manquements reprochés à M. Diawara et à son adjoint Aly Nabé.
Dans l’attente, le ministre a confié l’intérim à Mamoudou Keïta, son conseiller chargé des questions de transports terrestres et maritimes. Un choix qui, loin d’apaiser les débats, a renforcé les interrogations sur l’avenir du titulaire du poste.
Depuis plusieurs semaines, les spéculations se multiplient sur une possible réhabilitation de Paul Moussa Diawara. Ses soutiens mettent en avant son engagement récent aux côtés du général Mamadi Doumbouya et du CNRD, ainsi que son implication active dans la campagne pour l’adoption de la nouvelle Constitution. Pour eux, son éloignement de la direction de la Marine marchande, dans ce contexte de victoire politique, serait difficilement tenable.
Mais l’équation est rendue plus complexe par la personnalité de son ministre de tutelle. Ousmane Gaoual Diallo a la réputation d’un dirigeant rigoureux et intransigeant, peu enclin aux compromis.
Sa décision de suspendre Paul Moussa Diawara rappelle les tensions déjà connues sous d’autres régimes. Sous la présidence d’Alpha Condé, l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP) s’était heurté à un autre ministre, Alhoussein Makanera, alors en charge de l’Information et de la Communication.
Ces antécédents illustrent un parcours marqué par des affrontements répétés avec ses supérieurs hiérarchiques. Dans ce contexte, la suspension du 22 août apparaît autant comme une mesure disciplinaire que comme le reflet de rapports de force plus larges au sein de l’appareil d’État.
À l’heure où le pays entre dans une nouvelle phase institutionnelle après l’approbation massive du « Oui », la décision de maintenir ou non Paul Moussa Diawara à la tête de la Marine marchande sera scrutée comme un signal fort.
S’agira-t-il d’un geste d’apaisement en récompense de sa loyauté politique, ou d’une confirmation de la rigueur administrative prônée par Ousmane Gaoual Diallo ?
Pour l’heure, une seule question reste en suspens : Paul Moussa Diawara retrouvera-t-il son fauteuil de directeur national, ou sera-t-il remplacé pour de bon ?
Attendons de voir.
Boua King Kouyaté
