Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a vivement critiqué mercredi les anciens leaders politiques en exil, dont l’ex-président Alpha Condé et l’opposant Cellou Dalein Diallo, les accusant d’avoir perdu leur lien avec la population après leur appel au boycott du référendum constitutionnel du 21 septembre.
« À un moment donné de l’histoire de ce pays, ils parlaient au nom du peuple. Aujourd’hui, c’est ce peuple qui rend la monnaie de la pièce. Et ce n’est que le début », a lancé le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse à Conakry.
M. Bah a estimé que la forte participation au référendum, dont le “oui” l’a emporté à près de 90 % selon les résultats provisoires, illustre « une adhésion massive » à la nouvelle dynamique voulue par les autorités de transition.
Les anciens dirigeants doivent, selon lui, « faire preuve d’humilité » et repenser leur rôle face à l’évolution du pays.
« Des contre-pouvoirs efficaces doivent exister, mais ils doivent être responsables et constructifs. Ceux qui se limitent à discréditer et à nier la réalité perdront naturellement leurs soutiens. Ils n’auront plus de personnes pour les écouter ou les suivre. », a poursuivi le Premier ministre, sans citer nommément Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo.
Se disant ouvert au dialogue, M. Bah a toutefois insisté sur la nécessité d’une opposition « plus intelligente, novatrice et fraternelle », estimant que certains leaders privilégient encore « leur ego surdimensionné au détriment des intérêts de millions de Guinéens ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de transition politique, alors que le gouvernement met en avant la nécessité d’une recomposition du champ politique et d’un renouvellement de l’opposition.
Kadiatou N’Diaye
