À quelques jours du référendum constitutionnel du 21 septembre, Bernard Goumou, ancien Premier ministre, a décidé de briser son silence pour se repositionner politiquement.
Depuis son départ de la Primature, il s’était montré discret avant de s’engager publiquement en faveur du “oui” à la nouvelle Constitution.
Ce retour, qu’il espérait porteur pour son image, s’est cependant accompagné de plusieurs initiatives de communication dont les effets se sont révélés mitigés.
Tout a commencé par une conférence de presse à Conakry où il annonçait officiellement son soutien au projet constitutionnel, suivie d’une tournée en Guinée forestière, notamment à N’Zérékoré et à Zogota.
Mais certaines mises en scène, notamment la diffusion de clichés de son cortège bloqué sur des routes rurales en mauvais état, ont suscité des commentaires ironiques sur les réseaux sociaux.
C’est surtout un sondage lancé sur sa page Facebook qui a marqué un tournant. En invitant les internautes à se prononcer sur le projet de nouvelle Constitution, Bernard Goumou pensait ouvrir un espace d’échange direct.
Mais le résultat a pris de court son équipe : 59 % de réponses négatives contre 32 % favorables au “oui”. Un désaveu numérique qui, malgré la suppression rapide du sondage, continue d’alimenter les débats en ligne grâce aux captures d’écran partagées massivement.
« Quand on tend le micro au peuple, il faut savoir écouter sa voix », a réagi un internaute, traduisant un sentiment largement répandu.
À N’Zérékoré, son passage n’a pas non plus été sans heurts. La notabilité locale lui a reproché de ne pas avoir entretenu de lien régulier avec la chefferie traditionnelle depuis son départ de la Primature, ce qui a été perçu comme un manque de considération.
Ces épisodes posent la question de l’impact réel de son engagement sur la campagne référendaire.
En voulant miser sur la transparence et la proximité, Bernard Goumou a involontairement mis en lumière des signaux de défiance, tant sur les réseaux sociaux que sur le terrain.
À l’heure où la communication politique se joue aussi dans l’immédiateté des réactions en ligne, l’expérience de l’ancien Premier ministre illustre les risques d’une stratégie mal calibrée.
Ses initiatives, plutôt que de renforcer la dynamique du “oui”, ont fini par exposer les fragilités d’un discours qui peine à convaincre.
Boua King K.

