À l’approche de la rentrée scolaire, l’inquiétude grandit dans le secteur éducatif guinéen. Et pour cause !
Les syndicats d’enseignants maintiennent la pression et conditionnent désormais l’ouverture des classes à la signature du statut particulier des enseignants du pré-universitaire et de l’enseignement technique et professionnel.
Après le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), le Syndicat National de l’Éducation (SNE) est monté au créneau.
Lors d’une assemblée générale tenue à Conakry, ses responsables ont rappelé plusieurs préoccupations : la finalisation du statut particulier, le cas de plus de 3 300 enseignants aux salaires gelés, et la situation des contractuels communaux non intégrés dans la fonction publique.
Le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a lancé un avertissement clair :
« La rentrée n’aura pas lieu tant que le statut particulier ne sera pas signé. Nous ne descendrons pas dans la rue pour jeter des pierres. Nous resterons simplement à la maison. Et ce seront des vacances prolongées », a-t-il déclaré, insistant sur la détermination de son syndicat.
Le leader syndical a par ailleurs appelé à une synergie d’action entre toutes les organisations du secteur pour faire bloc face au gouvernement.
Dans plusieurs pays de la sous-région, les enseignants bénéficient déjà de statuts particuliers qui encadrent leur profession.
Au Sénégal, le statut adopté en 2011 prévoit des avantages liés à la progression de carrière et aux primes spécifiques.
En Côte d’Ivoire, la revalorisation salariale associée au statut particulier a permis de réduire les grèves récurrentes.
Au Mali, malgré les contraintes économiques, un statut particulier adopté en 2018 reconnaît aux enseignants un traitement spécifique et des indemnités supplémentaires.
En Guinée, le retard pris dans ce dossier nourrit un climat de frustration et d’incertitude. À quelques semaines de la rentrée, un bras de fer s’annonce inévitable entre syndicats et autorités.
Kadiatou N’Diaye
