Lincoln Sylla, président-fondateur du mouvement Sogué Nènè, a salué ce samedi, depuis les Etats-Unis, où il séjourne, la grâce accordée à l’ancien président Moussa Dadis Camara par le chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, la qualifiant d’un « acte fort » en faveur de la réconciliation nationale.
« C’est un acte fort, oui, un acte fort, qui marque une étape décisive dans la construction de l’unité nationale et la réconciliation entre les filles et fils de Guinée », a déclaré M. Sylla dans un entretien téléphonique accordé à Conakry Infos.
La décision de Mamadi Doumbouya de gracier Moussa Dadis Camara, condamné à la suite du procès historique du massacre du 28 septembre 2009, intervient dans un contexte où le gouvernement actuel s’est engagé à tourner la page des traumatismes collectifs du pays.
Ce procès, ouvert en septembre 2022, avait marqué les esprits comme étant le premier du genre à se tenir en Guinée, offrant aux victimes une plateforme pour témoigner.
Le massacre du 28 septembre 2009, perpétré au stade de Conakry, avait causé la mort d’au moins 157 personnes et fait des centaines de blessés et victimes de violences sexuelles, selon un rapport de l’ONU.
Les forces de sécurité, alors sous le commandement de la junte dirigée par Moussa Dadis Camara, avaient été accusées d’une répression sanglante contre des manifestants pacifiques.
Pour Lincoln Sylla, le pardon présidentiel est un pas audacieux qui « conjugue justice et pardon », tout en envoyant un message fort à tous les citoyens.
« En accordant à la fois réparation aux victimes et grâce au principal accusé, le Président de la République a rendu la meilleure justice de l’histoire de notre pays. C’est ainsi qu’agit un véritable père de la Nation. », a-t-il indiqué.
Dans un contexte marqué par des tensions sur les réseaux sociaux, où certains dénoncent la grâce comme une trahison des attentes des victimes, Sylla a fustigé ceux qu’il qualifie de « détracteurs du renouveau ».
« Pendant que certains blogueurs persistent à dénigrer leur propre pays, ignorant que ce renouveau appartient à tous, ils s’excluent eux-mêmes du grand bonheur qui s’annonce pour la Guinée. », a-t-il ajouté.
Pour beaucoup, cet acte du général-président Mamadi Doumbouya s’inscrit dans une volonté d’écrire une nouvelle page de l’histoire guinéenne, où justice et réconciliation ne s’excluent pas, mais se complètent.
Et si cette grâce ne pourra jamais effacer les cicatrices laissées par les événements du 28 septembre 2009, elle porte néanmoins un message universel : celui d’une Guinée qui, malgré ses douleurs, choisit de se relever et de pardonner.
Mohamed Sylla