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RDC : Les rebelles du M23 entrent dans la ville de Bukavu

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Vendredi 14 février, la ville de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu-Est de la République démocratique du Congo- est passée, vendredi soir, sous l’emprise des rebelles du M23, selon les informations fournies par la société civile, contactée par Anadolu.

« Nous sommes déjà sous l’occupation des rebelles du M23 » a indiqué le président de la société civile de Bukavu, Allain Shindano, à Anadolu.

La prise de cette ville intervient après que les rebelles aient pris le contrôle de l’aéroport stratégique de Kavumu quelques heures plus tôt, situé à une vingtaine des kilomètres de la ville de Bukavu.

Selon des sources locales, le M23 est entré presque sans résistance dans les quartiers périphériques du nord-ouest de Bukavu.

La radio onusienne Okapi rapporte, citant des sources sur place, que peu avant l’arrivée des rebelles à Bukavu, les militaires de l’armée congolaise avaient déjà dégarni leurs positions.

Les représentants de la société civile, dans une lettre adressée ces derniers jours aux autorités locales, avaient appelé l’armée à ne pas engager les affrontements dans la ville pour éviter une “ boucherie humaine ”.

Cette prise de contrôle survient après que les rebelles du M23 ont conquis la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, fin janvier lors d’une offensive rapide contre l’armée congolaise. Suite à cette victoire, les rebelles ont poursuivi leur avancée dans la province voisine du Sud-Kivu.

Plusieurs autres localités ont été prises dans le Sud-Kivu par le M23 au cours des dernières 72 heures, notamment les localités d’Ihusi, Kabamba et Kalehe-centre.

L’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est alarmée de la « détérioration rapide » de la situation humanitaire dans la région, précisant que quelque 350 000 personnes avaient été déplacées par les combats et ne disposaient d’aucun abri.

Un climat de peur et d’incertitude règne actuellement parmi les habitants de Bukavu, qui ont passé la nuit dans l’angoisse. La population ressent une inquiétude croissante face à la situation, exacerbée par l’absence de forces de sécurité et le départ précipité des autorités locales.

Jusqu’à présent, les autorités congolaises ne se sont pas encore prononcées sur ce sujet.

Les affrontements entre les rebelles du M23 et l’armée congolaise se sont poursuivis dans le Sud-Kivu malgré le sommet conjoint des chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu à Dar-es-Salaam le 8 février, qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Le gouvernement congolais a fermement condamné la violation du cessez-le-feu par les rebelles du M23 et a exigé une sanction urgente de la SADEC et de l’EAC.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) a été créé en 2012 par des militaires dissidents de l’armée congolaise. Après une brève montée en puissance, il a été défait en 2013 par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Casques bleus de la MONUSCO. Cependant, le M23 a repris les armes en 2022, s’emparant de plusieurs localités dans la province du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement le M23 pour accéder aux richesses minières de la région. Ces accusations sont étayées par des rapports d’agences onusiennes, qui pointent un appui militaire rwandais au mouvement rebelle. Pour la RDC, le M23 est un groupe « terroriste » et toute forme de négociation est catégoriquement rejetée.

Le Rwanda réfute ces allégations, affirmant que le M23 est un mouvement congolais dirigé par des Congolais, bien que ses membres parlent le kinyarwanda, la langue rwandaise. Kigali rejette également les conclusions des rapports onusiens et rappelle avoir désarmé les rebelles du M23 qui s’étaient réfugiés sur son sol en 2012-2013, avant de remettre leur arsenal aux autorités congolaises.

Conakry Infos avec AA

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