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Mine/Guinée : Quels impacts économiques de l’exploitation minière en une décennie ?

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Une étude portant sur l’impact économique du secteur minier guinéen est effectuée entre mars et août 2020. Objectif : évaluer les résultats des différentes réformes réalisées dans le secteur au cours de la dernière décennie. Il en ressort qu’il y a  eu une progression notable des activités, avec à la clé des emplois et des revenus considérables aussi bien pour de nombreux citoyens que pour l’Etat. Synthèse chiffrée !    

« La Guinée est devenue une destination des investisseurs miniers en Afrique », indique le rapport.  Le nombre de sociétés minière en phase d’exploitation, selon le document, a presque triplé entre 2010 et 2020, passant de 6 en 2010 à 17 en 2020, notamment dans la production bauxitique. Ce nombre, à en croire à l’étude, devrait se multiplier durant les cinq prochaines années au regard de l’évolution des 340 sociétés en phase d’exploration, en grande partie dans le secteur de l’or.

Pour aboutir à ce résultat, rapporte l’étude, un investissement de 6,4 milliards de dollars USD, avec une moyenne annuelle de 640 millions de dollars est enregistré, contre seulement 18 millions USD en 2010 : « la plus importante des investissements est réalisée au cours des 5 dernières années, pour un montant total de 6, 2milliars de dollars, soit près de 97% des investissements de la décennie ». Et, les investissements dans la filière bauxitique représentent 87, 9 % soit 5, 6 milliards de dollars USD. Ces investissements ont permis l’augmentation de la production bauxitique de 17 millions de tonnes en 2010 à un niveau record de 70, 2 millions de tonnes en 2019, faisant du pays un acteur majeur du marché mondial de la bauxite.

Le secteur aurifère, lui, représente 12, 1% des investissements, soit 776 millions de dollars USD : « il y a un doublement de la production aurifère, passant de 14,7 tonnes en 2010 à 26,8 tonne en 2020, grâce à de nouveaux investissements qui ont permis la construction d’une nouvelle usine de production par la société Ashanti Anglogold de guinée. En moyen annuelle, elle s’est située à 14,2 tonnes », mentionne le rapport.

Pour ce qui est de la production artisanale, elle est passée de 4,9 tonnes en 2012 à 14, 3 tonnes. Et ce, grâce à l’amélioration des statistiques sur la production artisanale suite à la suppression des taxes sur les exportations de l’or artisanal. A date, 50.854 personnes évoluent dans le secteur, contre 19 016 en 2010.  Et avec l’accroissement de la production minière, le nombre d’emplois a été multiplié par 2,7, soit de 19 016 en 2010 à 50 854 en 2019.

Selon le rapport, avec une taille moyenne de ménages de 6,6 personnes dans les zones minières, plus de 335. 656 guinéens vivent directement de l’extraction minière industrielle, sans compter les personnes bénéficiant des emplois induits. « Le nombre d’emplois directs du secteur minier est passé de 6.110, il y a 10 ans, à 16.340 en 2019.  En ce qui concerne les emplois indirects, le tableau affiche 34.515 en 2019, alors qu’il se limitait à 12.906 en 2010. »

Ces emplois, indique le rapport, ont permis de générer des revenus aux ménages à travers la masse salariale versée au travailleurs qui s’est multipliée par 4 en passant de 345 milliards GNF à 1.381 milliards GNF. Egalement, avec l’opérationnalisation de la bourse de sous-traitance, les achats des entreprises locales sont estimés à 8 030,9 milliards, soit environ 1,1% du PIB.

L’activité minière a fortement contribué au budget de l’Etat ces 10 dernières années. « Les recettes publiques minières directes se sont élevées en moyennent annuelle à 397 millions de USD contre seulement 115 millions USD en 2010 », atteste le document. Qui indique aussi, qu’avec la création de l’Agence nationale pour le financement des collectivités (ANAFIC) et le Fonds national de développement local (FODEL), les ressources mobilisées pour le financement des collectivités ont atteint les 324,5 milliards GNF en 2020, contre 1,1 milliards en 2010.

En reconnaissance de la politique minière du pays durant les 10 ans derniers, la Guinée est choisie par l’Union Africaine pour abriter le centre Africain de développement minier (CADM) dont le rôle consiste à coordonner la stratégie de mise en œuvre de la vision minière Africaine. Et déjà, le Ministère Guinéen en charge des mines avec ses partenaires, vient de finir la construction d’un laboratoire national pour débloquer le développement de plusieurs projets miniers et le manque à gagner pour le trésor public qui s’y rattache.

A date, la Guinée dispose encore d’un potentiel minier extrêmement riche, avec ses 40 milliards de réserve en bauxite en exploitation depuis 1973, environ 700 tonnes d’or en réserve, plus de 20 milliards de tonnes de fer non encore exploité et plus de 30 millions de carats de diamant. Le sous-sol Guinéen regorge également d’importantes réserves en calcaire, sables, latérite, argile, granite, dolérite, marbre et autres substance minières stratégiques.

Gilles Mory Condé

 

 

 

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