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Ibrahima Docta : « en quoi Alpha Condé dépasse ses devanciers ? »

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 A l’occasion d’un diner de presse, ce week-end, la question liée à la gestion énergétique des gouvernants successifs de la Guinée a monopolisé les débats. Membre du RPG-arc-en-ciel dans la commune de Kaloum, Ibrahima Yattara s’est livré à une lecture comparative des données sur fond de réquisitoire. Résumé !

« En quoi le président Alpha Condé dépasse ses prédécesseurs ? Voilà une question qui peut paraitre saugrenue, mais qui mérite d’être posée sans pour autant renier les efforts des uns et des autres. En effet, chaque président, avec le temps qui lui est imparti, a joué son rôle sur l’échiquier politique de la guinée. Bien de gens aiment résumer de manière souvent lapidaire, en déclarant que Sékou Touré est le père de l’indépendance, Lansana conté, celui du libéralisme économique et Alpha Condé, le père de l’émergence et le champion dans le domaine énergétique. Mais en les évaluant sur domaine spécifique stratégique, on se donne une idée des efforts consentis par tout un chacun ce secteur précis.

Bien avant l’indépendance, le problème de l’énergie s’est toujours posé à la Guinée. Les colons l’avaient compris et depuis cette époque, l’espoir porte sur le fleuve Konkouré. De l’estimation des blancs, la capacité de Konkouré devrait se situer en ce moment à hauteur de 750 mégawatts, de quoi résoudre le problème énergétique en guinée, alimenter l’usine Pechiney (NDLR : actuelle usine d’alumine de Fria), transformer la bauxite en aluminium et donner du courant au pays voisins. La Guinée devrait servir de réservoir électrique.  Le projet était totalement financé et sa réalisation devrait commencer en 1958. Mais, l’indépendance de la Guinée est intervenue à cette date-là et tout a été bloqué.  On a donc raté cette occasion de transformer nos ressources minières et renflouer la caisse de l’Etat et mécaniser plus rapidement le secteur agricole, puis Roland Dupré, dernier gouverneur de Conakry avant l’indépendance avait indiqué que la Guinée est aussi ‘’un scandale agricole’’.    

A son arrivée au pouvoir, le président Sékou Touré qui avait également saisis que l’énergie est le point de départ de tout développement, n’a pas baissé les bras. Il a tout fait pour relever ce défi, en créant notamment un Ministère en charge de l’Energie et de Konkouré. Ce qui explique aisément combien ce secteur a été une priorité le premier président. En dépit de tous ses efforts, il n’a pas réussi, en 26 ans de gestion, à faire barrage hydroélectriques sur les sites répertoriés le long du Konkouré.  Avec l’aide des pays socialiste, il s’est donc tourné vers la thermique et les micro-barrages, étant donné que la densité de la population n’était pas aussi développée et que les besoins en électricité étaient tout aussi limités dans les ménages.

A son tour, le président Lansana s’est aussi lancé à relever le même défi.  Au cours de ses 24 ans de gestion, il a pu obtenir 75 mégawatts sur le fleuve Konkouré avec Garafiri.  Et, pour y parvenir, il a été obligé de faire appel au sursaut patriotique des Guinéens qui s’est heureusement conclu par une suscription effective et massive.

A son arrivée, Alpha Condé s’est attaqué au même problème. Et en moins de 10 ans, Alpha Condé a pu obtenir d’abord 500 mégawatts et compte atteindre les 1000 mégawatts à travers les différents sites listés sur le même Konkouré : Kaleta, Souapiti et Amaria. Aujourd’hui, à moins qu’on refuse d’admettre la déserte en électricité s’est largement améliorés en dépit d’une surpopulation constante. Et avec les différents projets énergétiques en cours de réalisation, on peut dire que la Guinée n’est plus de devenir la locomotive énergétique de la sous-région.  Ce qui, à coup sûr, va requinquer la position du pays sur le plan économique et social. Donc, sur le plan énergétique, Alpha dépasse ses prédécesseurs.

A présent, les Guinéens doivent longuement réfléchir pour ne pas encore manquer cette occasion. Les Etats-Unis, sur lesquels on prend l’exemple en matière de démocratie n’ont pas accepté de rater leur occasion. Dans les années 30, les Etats-Unis étaient à la croisée des chemins avec la crise a secoué le monde. Ils ont décidé de ne pas une alternance et subir les conséquences durant de longue périodes. Ils avaient compris que c’est Franklin Roosevelt avec sa doctrine ‘’New Deal’’ qui pouvait faire leur affaire. Et je crois que ce dernier est le seul à briguer 4 mandats à la tête des Etats-Unis d’Amérique.

C’est un autre tournant qui nous attend, nous aussi !  Il faut qu’Alpha Condé devienne le premier président de la 4ème république pour permettre au pays de progresser davantage dans son décollage amorcé, quitter à la croisée des chemins et matérialiser son émergence. Parce que, l’émergence passe par l’industrialisation qui résulte de l’énergie. C’est avec l’énergie que l’informelle -qui représente 80% de nos activités- peut se développer, que des grands hôpitaux et des grandes universités peuvent fonctionner. C’est     avec l’énergie qu’on peut transformer nos matières premières, donner du travail à tout le monde. »

 

Propos recueillis par

A L D et Kadiatou N’Diaye

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