[dropcap]L[/dropcap]e gouvernement guinéen avait promis le lancement officiel de la première turbine du barrage hydroélectrique de Kaléta pour le 31 mai 2015. Ce lancement devrait pouvoir améliorer sensiblement la desserte en courant électrique dans la capitale et dans les préfectures environnantes.
Quelques jours avant la date buttoir, la population de Conakry a constaté une légère amélioration. Les foyers ont pu voir l’électricité la journée alors qu’ils étaient habitués auparavant avec le phénomène de rotation (18h et 00h). Cependant, les 30, 31 mai et ce début du mois de juin, les délestages sont fréquents. Il y a mêmes des quartiers qui ne reçoivent même plus l’électricité les nuits.
Où se trouve donc le problème ?
Pour l’instant, les responsables de la société électricité de Guinée, du projet Kaléta et du ministère de l’Energie et de l’hydraulique n’ont fait aucune communication. Il se dit dans les quartiers qu’il s’agirait plutôt des groupes électrogènes (K-Energie), amenés en Guinée par Kassis Dioubaté un proche du président Alpha Condé. Rien n’est claire là aussi puisqu’il s’agit bien de l’amélioration de la desserte. Selon les témoignages que nous recevons, beaucoup continue à se contenter du système de rotation appelé communément tour.
Alors qu’il était encore ministre de l’Energie et de l’hydraulique, M. Papa Kolly Kourouma avait fait savoir que Kaléta n’était pas la solution aux problèmes que le pays connaît en matière d’énergie. Pourtant, ce projet est utilisé par le pouvoir pour battre campagne.
Au moment où tout le monde attend la réaction des acteurs impliqués dans la production et la distribution du courant électrique en Guinée, on apprend déjà que le pouvoir parle de sabotage pour expliquer ces délestages. Et s’il y a sabotage ce serait de la part de qui ? Puisqu’on sait très bien que ceux qui travaillent dans ce secteur sont nommés par le pouvoir en place. Parfois même avec assez de complaisance, car certains ne sont pas à la hauteur.
L’argument qui était brandit récemment à ce sujet était le manque d’eau. Pour Garafiri, on peut encore accepté que la baisse du volume soit à l’origine de la baisse de la quantité d’énergie produite. Kaléta est un barrage en construction et pour lequel les études ont été faites au préalable pour comprendre le niveau d’eau en fonction des saisons. En plus le pays entre dans la saison des pluies ; une saison favorable pour tout barrage hydroélectrique, comme c’était le cas avec Garafiri avant 2010. Les populations de Conakry et environnantes recevaient plus de courant en saison des pluies qu’en saison sèche.
Les citoyens continuent à se poser des questions, si le courant actuel provient effectivement de Kaléta. Ils veulent surtout vivre un véritable progrès énergétique qui serait la source du décollage économique que tout le monde attend.
Parlant d’échec, peut-être il serait tôt d’arriver à une telle conclusion, mais il faut déjà comprendre ceux qui pensent ainsi, à partir du moment où toutes les communications de la mouvance et du gouvernement disaient que Kaléta ne tarderait pas à mettre un terme à l’obscurité dans les quartiers.
Il y a néanmoins des actes concrets. Les panneaux solaires installés sur les terres pleins centraux des deux principales routes de Conakry participent à l’éclairage public. Le pays expérimente bien l’énergie solaire qui est aujourd’hui conseillée aux pays en voie de développement. Il faut seulement attirer l’attention du gouvernement, puis qu’ il est en train d’investir pour ces panneaux solaires, sur la route le prince il semble que les poteaux ne sont pas bien implantés. Ils risquent de tomber à tout moment.
Jacques Lewa
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Conakryinfos.com


