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Cauchemar sur les rails : L’occupation anarchique des emprises devenue une menace habituelle

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La réalité saute à nos yeux, nous constatons tous les jours l’envahissement des rails par des citoyens dans différents quartiers de la capitale. Une attitude qui met banalement en danger la vie de centaines de millier de personnes y compris des enfants. Les rails et l’emprise des rails sont occupés par des vendeuses de tous genres, des ordures, des constructions anarchiques à un mètre des rails, des malades mentaux, des drogués, des débits de boissons, des marchés, des garages et des terrains de football. Des situations susceptibles d’occasionner des accidents ferroviaires et mettre en danger la vie des riverains.  Pour plus d’explications, nous avons rencontré le Directeur des opérations de LAGUIPRES SECURITE, société chargée de la sécurisation des rails à Conakry.

Votre société, LAGUIPRES, assure depuis plusieurs années la sécurité des rails de la CBK et de Friguia. Pour cette sécurisation, dites-nous comment ça se passe ?

Ibrahima Camara, Directeur des opérations de LAGUIPRES SECURITE : effectivement, il y a un contrat qui nous lie avec la CBK et Friguia dans le cadre de la sécurisation de la voie ferrée. Nous sommes professionnels dans ce domaine et il nous revient la responsabilité de sécuriser les rails à Conakry. Donc, nous déployons nos agents pour sécuriser les installations, puisque que vous avez des individus qui s’amusent parfois à desserrer les boulons surtout ça peut créer des incidents. Nous sécurisons les installations, mais aussi, nous sommes là-bas pour prévenir les accidents, éviter tout incident.

Quels genres de difficultés rencontrez- vous dans la sécurisation des rails ?

Ibrahima Camara : Franchement je suis très content de cette question. Nous rencontrons assez de difficultés dans la réalisation de nos tâches. Surtout, le comportement des riverains. Aujourd’hui, les riverains pensent que les rails sont des endroits où il est permis de marcher. C’est comme si c’était un droit pour eux d’y marcher. Vous allez rencontrer des endroits où vous avez des marchés. Je vous cite par exemple le marché de Taouyah où nos sœurs, nos mamans, installent les condiments sur la voie quand elles entendent la sonnerie du train elles prennent leur condiment et quand le train passe elles reviennent encore sur la voie, nous avons franchement du mal à maîtriser ces femmes.

Vous avez les ordures, les riverains ont transformé les rails en dépotoir d’ordures, c’est dans la nuit qu’ils viennent déverser les ordures sur la voie et par fois ce sont des enfants de 6 à 7 ans, qui viennent déverser les ordures, chaque matin nous sommes obligés de faire ramasser les ordures par nos agents avant l’arrivée du train pour éviter les incidents.

Nous avons également le cas des malades mentaux et des drogués qui viennent se coucher sur les rails, nos agents chargés de la sécurité des rails les dégagent régulièrement sur la voie, mais parfois ce sont eux-mêmes à cause de leur état qui font irruption devant le train. Il faut rappeler que le train n’est pas comme une voiture qui peut freiner à 1 ou 2m. Par exemple quand le train doit s’arrêter au petit bateau le système de freinage commence à 500m ou à 1 kilomètre, c’est pour vous dire quand un conducteur de train trouve un obstacle devant lui, il n’a aucune possibilité de freiner, donc il n’est nullement responsable de ce qui arrivera. Le dernier cas d’accident enregistré sur les rails c’était un malade mental qui est venu se coucher sur la voie, le conducteur du train ne peut pas freiner donc il n’est pas responsable.

Autres difficultés que nous rencontrons, ce sont les terrains de football, tu peux compter du PK 0 au port jusqu’au PK 53 Tercé, une dizaine de terrains de football où les jeunes viennent forcément jouer. Nous avons des agents déployés qui ne peuvent pas se lever contre un quartier, ils viennent jouer là et les spectateurs s’arrêtent sur les rails pour regarder. En plus vous avez les constructions anarchiques des garages, des maisons d’habitations et des débits de boissons d’alcool. C’est un problème sérieux sur tout dans la nuit, ces jeunes dans un état d’ivresse viennent tout bonnement se coucher sur les rails, nos agents sont obligés de faire la ronde toute la nuit pour les dégager et parfois quand nous les dégageons quelques temps après ils reviennent.  Donc comme vous voyez, les conducteurs de train n’ont aucune responsabilité dans les accidents, mais c’est plutôt de la responsabilité des riverains malgré tous les efforts que nous déployons dans la sécurisation des rails pour éviter tout accident.

Dans cette situation difficile, que faites-vous pour prévenir les accidents ?

Je m’en vais vous dire que nous déployons les agents le long de la voie où nous avons ce qu’on appelle les passages à niveau. Dans ces passages à niveau, nous avons des agents qui sont déployés et qui sont fixes. Nous avons aussi la ligne, la voie elle-même où nous avons des agents qui sont placés avec une distance qui les sépare de 200, 300 mètres ou parfois même de 50 mètres. Tout dépend du risque qu’on trouve sur les lieux. Plus le risque est grand dans un endroit, plus on met assez d’agents. Au niveau des marchés par exemple où nous constatons que le risque est très élevé, on ne respecte pas les 100 ou 200 mètres, on est obligés de rapprocher les agents. Sinon, c’est à chaque 200 mètres qu’on déploie les agents.

En plus des agents nous faisons de la sensibilisation directe porte à porte. Nous le faisons dans les marchés, les écoles, les mosquées, les églises nous impliquons les autorités à tous les niveaux pour une meilleure sensibilisation. Nous expliquons les risques dans nos langues nationales et nous passons également par les médias c’est extrêmement difficile. Mais cependant on ne se fatigue pas nous continuons toujours la sensibilisation.

Quelles solutions préconisez-vous ?

 

Nous de notre côté nous déployons assez d’efforts, mais nous n’avons pas la force publique. Il revient absolument aux autorités de prendre toutes les dispositions nécessaires à la sécurisation des rails. Il est connu à 10m dans l’emprise des rails aucune construction aucune activité génératrice de revenu ne sont autorisées, nous passons notre temps à sensibiliser et à informer les riverains sur les risques qu’ils courent en s’installant dans l’emprise des rails. En plus des difficultés citées plus haut vous avez aussi des citoyens qui marchent sur les rails et d’autres crée des passages clandestins dans les quartiers. Donc il revient aux autorités de dégager les emprises des rails et prendre les mesures indispensables à la sécurisation des rails et étroite collaboration avec nos agents qui sécurisent depuis des années les rails de la CBK et de Friguia.

Quel est votre dernier mot ?

Ibrahima Camara : mon dernier mot, c’est de demander une fois encore aux autorités de s’impliquer dans la sécurisation des rails, dire aussi à la population guinéenne que nous on est là pour sauver les vies ; mais, elles doivent beaucoup nous aider. C’est pourquoi, il faut qu’ils soient vraiment responsables. J’invite donc les uns et les autres à être beaucoup plus responsables. Aux gens qui sont logés le long de la voie, les riverains et qui sont très proches pour qu’ils prennent des dispositions pour prendre soins des enfants et qu’on arrête de construire dans l’emprise même de la voie ferrée. Les parents qui sont là et ou ceux qui ont des malades mentaux, qu’ils prennent soins de ceux-ci pour ne pas les abandonner. Donc c’est cette sensibilisation que je peux lancer à l’endroit des populations. Au regard de tout ce qui précède nous voyons clairement que ce sont les rails qui sont agressé, il revient à chacun en ce qui le concerne de prendre les dispositions idoines pour éviter les accidents ferroviaires de tous genres, car l’Objectif est de parvenir à 0 accident.

Mohamed Sylla

 

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