Donald Trump jugé au pénal le 25 mars, une première pour un ancien président américain

Donald Trump s’apprête à entrer dans l’histoire pour une raison peu glorieuse : le 25 mars, il deviendra le premier ancien président des États-Unis à comparaître devant une cour pénale. À New York, il est accusé d’avoir maquillé les comptes de son entreprise pour dissimuler notamment le versement de 130 000 dollars à une star du X, Stormy Daniels, juste avant la présidentielle, pour qu’elle taise une relation présumée qui aurait eu lieu en 2006.

L’homme d’affaires républicain, qui était déjà marié avec Melania Trump, a nié toute relation avec l’actrice, de son vrai nom Stephanie Clifford.

« Nous voulons des délais »,

a déclaré le grand favori des républicains pour la présidentielle de novembre à son arrivée devant le palais de justice de Manhattan.

« Comment peut-on se présenter aux élections quand on est assis dans un tribunal ? »

« C’est juste une façon de me nuire dans l’élection »,

a-t-il dénoncé – l’ex-président accusant régulièrement les juges d’être à la botte du camp démocrate.

Le juge Juan Merchan du tribunal de New York a rejeté les requêtes de Donald Trump pour annuler les poursuites, comme le souhaitait le magnat républicain qui a dénoncé une « ingérence électorale » pour la présidentielle de novembre.

Ce procès n’est pourtant pas le plus conséquent des ennuis judiciaires de Donald Trump, et des observateurs jugent le dossier fragile.

En parallèle, un juge de Géorgie a commencé à entendre une requête des avocats de Donald Trump demandant le rejet des accusations d’ingérence électorale portées contre l’ancien président, reprochant à la procureure chargée d’instruire le dossier d’avoir entretenu une relation amoureuse avec un juriste qu’elle avait engagé pour travailler sur cette affaire.

Nombreuses casseroles judiciaires

Pour l’instant, ces deux affaires et les nombreuses autres visant Donald Trump ne semble pas entamer pas son crédit auprès de la base des militants républicains : il a remporté haut la main les deux premières primaires de son parti pour l’investiture à la présidentielle de novembre, dans les États de l’Iowa et du New Hampshire.

À 77 ans, le maître incontesté du parti républicain a même fait des cours de justice des tribunes politiques d’où il déroule sa rhétorique victimaire. Le favori des républicains a profité de chacune de ses venues dans les prétoires pour se présenter – sans apporter de preuve – en victime de machinations judiciaires orchestrées par des procureurs et des juges à la solde du camp démocrate. Et ses ennuis en justice lui ont permis de lever des millions de dollars auprès des militants.

Il est également poursuivi devant la justice fédérale et celle de l’État de Géorgie pour ses tentatives présumées illicites de renverser le résultat de la présidentielle de 2020 remportée par Joe Biden.

Le procès fédéral à Washington devait démarrer le 4 mars, mais a été reporté le temps de statuer sur une éventuelle immunité pénale de l’ancien président.

Cette nouvelle semaine judiciaire pour Donald Trump pourrait se poursuivre vendredi 16 février si, comme l’a confirmé une source proche du dossier à l’AFP, le juge Arthur Engoron rend son jugement dans un procès civil où l’ex-président est accusé d’avoir gonflé de manière colossale la valeur de ses actifs immobiliers dans les années 2010 pour séduire les banques.

 

AFP