Sept Ghanéennes arrêtées pour avoir notamment confectionné des « bouquets d’argent » doivent comparaître jeudi 8 octobre devant un tribunal d’Accra, a annoncé mercredi 7 octobre la Banque centrale du Ghana à l’AFP. Ces décorations, réalisées avec des billets de banque, sont de plus en plus populaires lors des cérémonies.
Les sept femmes ont été arrêtées lundi 5 octobre. Elles sont accusées d’avoir utilisé des billets pour confectionner des bouquets décoratifs et de faux gâteaux, dans le cadre d’une campagne renforcée de la Bank of Ghana contre les utilisations non conventionnelles de la monnaie nationale.
Une pratique populaire mais interdite
Les bouquets et gâteaux confectionnés avec des billets sont devenus des cadeaux appréciés lors des anniversaires, mariages et remises de diplômes au Ghana, mais aussi dans d’autres pays africains comme le Nigeria et le Kenya. Au Ghana, comme au Nigeria, cette pratique est toutefois interdite par la loi, qui la considère comme une atteinte à la monnaie nationale.
En juillet, la Banque centrale avait annoncé un durcissement des sanctions. Toute utilisation abusive du cedi, la monnaie ghanéenne, peut désormais entraîner une arrestation, des poursuites, une amende ou une peine d’emprisonnement.
« Cette pratique constitue une utilisation abusive de la monnaie et une violation de la loi« , a déclaré à l’AFP Dinah Bonzi, responsable du bureau des statistiques au sein du département de gestion monétaire de la Banque centrale.
« Nous mettons en garde le public depuis des années contre l’utilisation abusive des billets de banque et ces arrestations auront clairement un effet dissuasif« , a-t-elle ajouté.
Des créatrices craignent pour leur activité
Le tour de vis inquiète certaines petites entreprises qui ont développé un marché autour de ces bouquets. Sandra Smith, pseudonyme d’une créatrice qui en vend depuis cinq ans lors de cérémonies de remise de diplômes, redoute les conséquences des arrestations.
« Les bouquets [d’argent] apportent de la couleur et du charme à ces occasions, et les destinataires retirent l’argent immédiatement pour l’utiliser« , explique-t-elle. Elle estime que les autorités « vont trop loin en arrêtant de jeunes femmes innocentes qui cherchent des moyens de se créer un emploi ».
Conakry Infos avec AFP