Justice : les huissiers guinéens menacent de débrayer pour réclamer la libération de deux confrères

La Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée (CNHJG) a menacé jeudi d’engager un mouvement de débrayage si deux de ses membres, placés en détention à la prison civile de Coyah, ne sont pas remis en liberté.

Me Sory Daouda Camara, président honoraire de la CNHJG, et Me Mandiou Sangaré ont été placés sous mandat de dépôt le 29 septembre, dans le cadre d’une procédure portant notamment sur des faits présumés d’« escroquerie au jugement » et de « faux en écritures publiques ».

Réunis jeudi en assemblée générale extraordinaire à Conakry, les huissiers ont adopté plusieurs résolutions en vue d’obtenir la libération de leurs confrères.

Le président de la CNHJG, Me Aboubacar Camara, a annoncé que l’organisation saisira officiellement le ministère de la Justice, son autorité de tutelle, dès le 5 octobre.

Il a précisé qu’en l’absence d’une évolution favorable du dossier, la corporation pourrait recourir à un mouvement de débrayage.

La CNHJG estime que les deux huissiers sont poursuivis pour des actes accomplis dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice. Elle conteste ainsi les conditions de leur placement en détention et affirme disposer d’éléments qu’elle considère comme favorables à leurs membres.

Les deux auxiliaires de justice restent toutefois détenus dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.

Cette mobilisation met ainsi en lumière les tensions entre la corporation des huissiers et les autorités judiciaires autour de l’exercice et de la responsabilité des auxiliaires de justice dans l’exécution des décisions de justice.

 

Fatoumata Sylla, stagiaire