L’ancien magistrat Algassimou Diallo, détenu dans le cadre d’une procédure judiciaire, a été transféré à la maison d’arrêt de Macenta, , a indiqué l’administration pénitentiaire, tandis que ses avocats exigent son retour à Conakry avant une audience prévue mardi devant la Cour suprême.
La télévision nationale (RTG) a diffusé dimanche des images montrant M. Diallo, confirmant ainsi sa présence dans son nouveau lieu de détention.
La Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion avait annoncé son transfert à Macenta dans le cadre de la « gestion administrative des établissements pénitentiaires ».
Le transfert, effectué le 5 septembre, intervient au lendemain d’une audience tenue à Conakry, au cours de laquelle l’ancien magistrat avait été présenté, selon ses avocats, en bonne santé.
Dans un communiqué publié dimanche, le Collectif de ses avocats affirme toutefois n’avoir reçu aucune notification officielle du transfèrement. La défense dit également ne pas avoir été informée, pas plus que la famille de M. Diallo, de son nouveau lieu de détention.
Les avocats réclament notamment que la preuve de sa détention à Macenta soit établie « sans délai », à travers notamment la production d’un extrait du registre d’écrou. Ils demandent également à pouvoir rendre visite à leur client afin de vérifier son état de santé et ses conditions de détention.
La défense conteste par ailleurs le bien-fondé du transfèrement, estimant que la distance entre Macenta et Conakry, de plus de 700 kilomètres, est susceptible de compromettre l’exercice des droits de la défense.
Les chambres réunies de la Cour suprême doivent en effet examiner mardi 8 septembre à Conakry une demande de renvoi introduite par les avocats de M. Diallo. Ces derniers exigent en conséquence son retour dans la capitale « sans délai », afin qu’il puisse comparaître devant la haute juridiction.
Rappel des faits
Algassimou Diallo, ancien avocat général près la Cour suprême, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt le 27 août dans le cadre d’une procédure portant notamment sur des faits présumés de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, de discrimination et de participation à une association de malfaiteurs.
Il avait été détenu à la maison d’arrêt de Coyah avant son transfèrement à Macenta.
Lors de l’audience du 4 septembre devant la Cour suprême, sa défense avait poursuivi ses démarches judiciaires dans le cadre de son dossier. Le transfèrement est intervenu le lendemain.
Les avocats invoquent notamment plusieurs dispositions du Code de procédure pénale relatives au lieu de détention provisoire, à l’exécution des décisions des magistrats et aux facilités nécessaires à l’exercice des droits de la défense.
Ils demandent désormais que le fondement légal du transfèrement leur soit communiqué et que leur client soit ramené à Conakry avant l’audience du 8 septembre.
La procédure judiciaire se poursuit alors que la défense et l’administration pénitentiaire présentent des lectures différentes des conditions de détention et du transfèrement de l’ancien magistrat.
Kadiatou N’Diaye