Le tribunal correctionnel de Kaloum a condamné mardi Fodé Keïta à trois ans d’emprisonnement ferme pour faux et usage de faux ainsi que vol, dans une affaire de retraits frauduleux portant sur 199 millions de francs guinéens au préjudice de la Banque islamique de Guinée (BIG) et d’Ecobank.
Son coaccusé, Mamadou Samba Diallo, ancien directeur adjoint de l’agence BIG de Madina au moment des faits, a quant à lui été condamné à deux ans de prison avec sursis pour complicité.
Selon le jugement, Fodé Keïta a utilisé de faux documents d’identité et des chèques falsifiés pour retirer frauduleusement 180 millions de francs guinéens sur le compte d’un client de la BIG et 19 millions de francs sur celui d’un client d’Ecobank.
Seul Fodé Keïta était placé en détention préventive dans ce dossier. Incarcéré à la maison centrale de Conakry depuis le 2 septembre 2025, il a reconnu les faits à l’audience.
À la barre, il a déclaré avoir remis 10 millions de francs guinéens à Mamadou Samba Diallo et le reste de la somme à un autre complice qui ne figurait pas parmi les prévenus poursuivis dans cette procédure.
Mamadou Samba Diallo a rejeté ces accusations. S’il a reconnu avoir facilité l’opération ayant permis le retrait des 180 millions de francs à la BIG, il a soutenu avoir agi sans savoir que la personne qui se présentait à l’agence n’était pas le véritable titulaire du compte concerné.
Dans ses réquisitions, le ministère public avait requis deux ans d’emprisonnement contre chacun des prévenus. De son côté, l’avocat de la Banque islamique de Guinée avait sollicité le remboursement des 180 millions de francs frauduleusement retirés ainsi que le versement de 100 millions de francs à titre de dommages et intérêts.
Le tribunal a finalement condamné les deux hommes à verser solidairement à la BIG la somme de 180 millions de francs guinéens à titre principal, ainsi que 100 millions de francs de dommages et intérêts.
Concernant Ecobank, la juridiction a constaté l’absence de la banque à l’audience et n’a donc statué sur aucune demande en réparation de son préjudice allégué.
Cette décision illustre la volonté des juridictions guinéennes de renforcer la répression des fraudes bancaires, un phénomène qui continue de mettre à l’épreuve les dispositifs de contrôle interne et la confiance des clients dans le système financier.
Kadiatou N’Diaye