Réforme de l’État : la Guinée accélère la modernisation de son administration avec le PREMAP

La Guinée poursuit sa marche vers la transformation de son appareil administratif. Réunis à Conakry autour d’un atelier qui se tient du 10 au 12 juin, les représentants des départements ministériels, des institutions républicaines et des partenaires techniques et financiers examinent les dernières observations formulées sur le Programme de Réforme de l’État et de Modernisation de l’Administration Publique (PREMAP), un chantier stratégique destiné à bâtir une administration plus performante, plus transparente et davantage tournée vers les besoins des citoyens.

Porté par le ministère de la modernisation de l’administration et de la fonction publique à travers la Direction nationale de la modernisation, de la transformation administrative et de la simplification des procédures, cet atelier vise à intégrer les contributions des différentes parties prenantes avant la finalisation du document de référence.

L’ambition affichée par les autorités est claire : rompre avec les pesanteurs bureaucratiques qui freinent encore l’efficacité de l’action publique et engager une transformation profonde de l’administration guinéenne.

Le PREMAP s’articule autour de plusieurs axes majeurs, notamment la digitalisation des services publics, la simplification des procédures administratives, la lutte contre la corruption, l’amélioration de la qualité du service rendu aux usagers et le renforcement de la gouvernance locale.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du processus lancé le 14 mars 2025 sous l’autorité du gouvernement, avec pour objectif de faire de l’administration publique un véritable levier de développement économique et social, en cohérence avec la vision nationale Simandou 2040.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le Directeur national de la modernisation et de la transformation administrative, Djenabou Mady Koma, a rappelé que l’élaboration du PREMAP repose sur une vaste démarche participative.

Des missions de terrain ont été conduites à travers le pays afin de recueillir les préoccupations des agents publics et des citoyens.

Selon lui, quatorze ateliers thématiques ont permis d’établir un diagnostic approfondi du fonctionnement de l’administration publique guinéenne. Les analyses réalisées ont mis en évidence vingt-deux dysfonctionnements majeurs affectant l’efficacité des services publics et limitant leur capacité à répondre aux attentes des populations.

« Nous ne voulons pas d’une réforme conçue derrière des bureaux. Nous voulons un programme participatif, inclusif et porté par l’ensemble des acteurs concernés », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’aboutir à un consensus national autour des réformes envisagées.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de la modernisation de l’administration et de la fonction publique, Faya François Bourouno, a réaffirmé le caractère stratégique du PREMAP dans la réussite des ambitions de développement du pays.

Selon lui, la modernisation de l’administration constitue un préalable indispensable à l’amélioration de la gouvernance, à l’attractivité économique de la Guinée et à la réussite des grands projets structurants attendus dans les prochaines années.

Le ministre a particulièrement insisté sur la transformation numérique de l’administration, appelée à réduire les délais de traitement des dossiers, faciliter l’accès aux services publics et limiter les pratiques de corruption liées aux procédures manuelles.

Il a également mis en avant la nécessité d’instaurer une culture de performance, de responsabilité et de gestion axée sur les résultats au sein de la fonction publique.

Le programme prévoit également un renforcement des capacités des agents de l’État ainsi qu’un appui accru aux collectivités locales afin de rapprocher davantage les services publics des citoyens.

À travers le PREMAP, les autorités guinéennes entendent ainsi poser les bases d’une administration moderne, efficace et adaptée aux exigences du développement.

Cette nouvelle étape du PREMAP s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées depuis plusieurs années sous l’impulsion du président de la République, Mamadi Doumbouya.

Sous la conduite du ministre Faya François Bourouno, plusieurs chantiers structurants ont déjà été lancés, notamment la digitalisation de la gestion des ressources humaines de l’État, l’assainissement du fichier de la fonction publique, l’immatriculation biométrique des agents publics, ainsi que la création récente de l’École nationale d’administration (ENA).

Autant d’initiatives qui traduisent la volonté des autorités de bâtir une administration plus crédible, plus performante et capable d’accompagner les ambitions de transformation économique et institutionnelle de la Guinée.

Alseny Koket Camara