Six ressortissants guinéens figurent parmi les 48 personnes interpellées le 13 avril à Mbour, dans l’ouest du Sénégal, lors du démantèlement d’un réseau présumé d’escroquerie opérant sous couvert du système dit « Qnet », a annoncé vendredi la Police nationale sénégalaise.
L’opération a été menée par le poste de police de Diamaguène, à la suite d’une dénonciation faisant état d’un regroupement suspect de nombreux ressortissants étrangers dans une même habitation.
Sur place, les forces de l’ordre ont surpris trois individus en train de dispenser des séances de « formation » à 45 autres personnes.
Selon les autorités, les personnes interpellées se répartissent entre 35 ressortissants bissau-guinéens, six Guinéens, six Sénégalais et un Gambien.
Les six citoyens guinéens, dont les identités n’ont pas été divulguées, sont présentés comme ayant été attirés dans cette localité balnéaire par de fausses promesses d’emploi.
D’après les premiers éléments de l’enquête, les organisateurs du réseau utilisaient le nom de « Qnet » pour appâter des jeunes en quête d’insertion professionnelle. Ces derniers étaient conviés à Mbour sous le prétexte d’un stage de formation, avant de se voir proposer des opportunités d’emploi fictives, souvent conditionnées à des contributions financières préalables.
Ce mode opératoire, qui cible particulièrement une jeunesse vulnérable et en recherche d’opportunités, fait l’objet de nombreuses plaintes dans la zone, notamment de la part de familles préoccupées par la disparition ou l’exploitation de leurs proches.
À l’issue de la procédure, trois individus considérés comme les principaux responsables ont été déférés devant le parquet, tandis que les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur du réseau et d’éventuelles complicités.
La Police nationale sénégalaise a réaffirmé sa détermination à mettre un terme à ces pratiques frauduleuses et appelle les populations à faire preuve de vigilance face aux offres d’emploi ou de formation exigeant des paiements en amont.
Elle invite également toute personne disposant d’informations à contacter gratuitement le numéro vert 800 00 17 00.
La présence de six ressortissants guinéens dans cette affaire, vraisemblablement en tant que victimes d’un système frauduleux, met en lumière l’ampleur des réseaux d’arnaque transnationaux qui exploitent les espoirs d’emploi des jeunes ouest-africains.
Elle souligne la nécessité d’une meilleure sensibilisation et d’une coopération renforcée entre États pour prévenir ces dérives et protéger une jeunesse de plus en plus exposée à ce type de pièges.
Kadiatou N’Diaye