Le tribunal de première instance de Kaloum a condamné vendredi Alhousseiny Diallo à deux ans d’emprisonnement ferme pour des faits de ‘’coups et blessures volontaires’’ ayant entraîné la mort sans intention de la donner d’un ressortissant chinois, Liu Jun.
Selon le jugement rendu en audience criminelle, les faits remontent à juin 2025 à bord d’un navire où les deux hommes travaillaient. Une altercation avait éclaté entre eux, au cours de laquelle la victime avait succombé.
Poursuivi pour avoir « mortellement administré des coups » à son collègue, l’accusé a nié les faits à la barre, évoquant un cas de légitime défense.
Il a affirmé avoir été poursuivi par la victime, armée d’un couteau, et que celle-ci aurait chuté dans les escaliers du navire avant de se cogner la tête contre une barre de fer.
Au cours des débats, le ministère public a relevé des insuffisances dans la procédure, notamment l’absence de témoignages clés de membres de l’équipage, y compris celui du capitaine du navire.
Sur cette base, le parquet avait requis l’acquittement de l’accusé, estimant que la thèse de la légitime défense ne pouvait être écartée.
La défense a, de son côté, plaidé des circonstances atténuantes, soutenant que son client tentait d’échapper à un danger réel au moment des faits, et a sollicité une condamnation couvrant la période déjà passée en détention.
Malgré ces réquisitions, le tribunal a retenu la qualification de ‘’coups et blessures volontaires’’ ayant entraîné la mort sans intention de la donner et a condamné Alhousseiny Diallo à deux ans de prison ferme.
Placé en détention depuis le 25 juin 2025, il devrait encore purger plus d’une année d’emprisonnement.
Cette décision, rendue en dépit des réquisitions du parquet, relance le débat sur l’appréciation de la légitime défense et les exigences de preuve dans les procédures pénales en Guinée.
Kadiatou N’Diaye