Le ministère public a requis mercredi une peine de 5 ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de 50 milliards de francs guinéens contre l’ancien ministre Oyé Guilavogui, poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), lors d’une audience consacrée aux plaidoiries et réquisitions.
Ancien responsable sous la présidence de Alpha Condé, Oyé Guilavogui a occupé plusieurs portefeuilles ministériels, notamment aux Postes et Télécommunications, aux Transports et à l’Environnement.
Il est actuellement hors du pays pour des raisons de santé, après avoir bénéficié d’une autorisation de sortie, et ne comparaît plus aux audiences.
Le parquet a demandé à la juridiction de le déclarer coupable de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite, portant sur plusieurs opérations financières jugées irrégulières.
Selon l’accusation, les faits concernent notamment un reliquat non justifié de 12 millions de dollars américains sur un financement global de 50 millions de dollars accordé par la banque Eximbank de Chine pour la relance de la société de téléphonie nationle SOTELGUI.
D’autres montants sont également visés, dont 46 milliards de francs guinéens liés au fonds forestier et 68 milliards de francs guinéens destinés à un projet de délivrance de permis de conduire.
Le ministère public a relevé l’absence de justification jugée satisfaisante quant à l’utilisation de ces fonds, ainsi que la non-comparution prolongée du prévenu, considérée comme un élément aggravant.
La partie civile, représentée par l’agent judiciaire de l’État, a transmis ses observations par écrit à la Cour, sans plaidoirie publique à l’audience.
À l’issue des réquisitions, la juridiction a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 29 avril prochain.
Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites engagées contre d’anciens responsables publics, dans un contexte de lutte affichée contre la corruption, dont les résultats restent particulièrement scrutés par l’opinion.
Kadiatou N’Diaye