Conakry : décès en détention de Toumba Diakité (officiel)

Le commandant Aboubacar Diakité, ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, est décédé mercredi à l’aube des suites de complications médicales, alors qu’il purgeait sa peine à la maison d’arrêt de Coyah, selon un communiqué de la Direction nationale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion.

Dans ce communiqué officiel, l’administration pénitentiaire précise que le détenu a été déclaré mort à 04h35 à l’hôpital militaire du camp Samory Touré, où il avait été évacué en urgence dans la nuit du 23 mars, « à la suite d’un malaise survenu en milieu carcéral ».

Le même document indique que l’ex-officier souffrait d’une « hernie de la ligne blanche étranglée compliquée d’une péritonite aiguë généralisée », diagnostic posé par les médecins traitants, « malgré les soins appropriés qui lui ont été administrés ».

Selon le communiqué, un rapport médical circonstancié établi le 4 mars par des spécialistes du Centre hospitalo-universitaire Ignace Deen faisait déjà état d’un tableau clinique préoccupant, incluant notamment « une tuméfaction épigastrique, des douleurs abdominales persistantes, une constipation chronique et des troubles du sommeil ».

Ce rapport, précise le texte, a été dressé en présence du procureur de la République près le tribunal de première instance de Coyah ainsi que de l’avocat du détenu.

La Direction nationale de l’administration pénitentiaire affirme également, dans son communiqué, que le commandant Diakité exécutait sa peine « dans le respect des lois et règlements régissant l’exécution des décisions de justice en République de Guinée ». Elle annonce qu’« un rapport détaillé et circonstancié sera transmis sans délai aux autorités judiciaires compétentes, aux fins d’appréciation et pour toute suite de droit ».

Figure centrale des événements du Massacre du 28 septembre 2009, Aboubacar Diakité avait été reconnu coupable dans le cadre du procès relatif à ce drame survenu au stade de Conakry, qui avait fait au moins 150 morts et des centaines de blessés.

Dans le même communiqué, l’administration pénitentiaire « exprime ses condoléances les plus émues à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de ses relations ».

La disparition en détention de l’un des principaux protagonistes de cette affaire emblématique pourrait raviver les débats sur les conditions de prise en charge sanitaire en milieu carcéral en Guinée, ainsi que sur les enjeux de mémoire et de justice liés aux événements du 28 septembre 2009.

 

Kadiatou N’Diaye